Simples mais redoutables !

Savon titre

De nombreux produits d'entretien nous facilitent la vie, tels les décapants, les détartrants, les déboucheurs, l'eau de javel, les détachants, … Composés d'une multitude de produits chimiques qui remplacent le " travail manuel et mécanique " mais les rendent agressifs pour l'homme et pour l'environnement.

 

D’après une étude du Crédoc réalisée pour Ecover, 77 % des Français estiment que l’usage des produits ménagers peut avoir des conséquences sur leur santé mais ils sont une majorité (79 %) à choisir leur produit en fonction de son efficacité. Moins de la moitié examinent la liste des ingrédients.

Pourtant, les détergents conventionnels comportent des risques avérés. Irritations cutanées, allergies, troubles respiratoires (asthme), neurologiques, oculaires… sortent de la boîte de Pandore. Certaines molécules sont également incriminées car cancérogènes.

Pourtant il existe des produits simples qui peuvent se révéler de redoutables agents nettoyants, antiseptiques, antibactériens, détachants, antimicrobiens, désinfectants, désodorisants, antiparasitaires… Et quel bonheur si en plus, deux ou trois produits pouvaient à eux seuls avoir toutes ces propriétés.

Voici 3 produits magiques :  le vinaigre d’alcool (ou vinaigre blanc), le soude et le savon de marseille. Ajoutez-y des huiles essentielles et vous pourrez ainsi nettoyer votre maison du sol au grenier. 

Mais comment les utiliser ?

Le vinaigre d’alcool, grâce à son acidité naturelle, est un formidable agent nettoyant. Un mélange de vinaigre et eau en quantité égale nettoie les vitres, les carrelages et les miroirs. En solution plus concentrée, il vient à bout des dépôts calcaires dans les éviers et les bouilloires. Par souci d’économie également vous pouvez le mélanger à votre liquide vaisselle puisqu’il est comestible, il enlèvera les traces sur vos verres et dégraissera vos assiettes et autres plats.

Pour fabriquer un véritable liquide vaisselle :

Versez dans une casserole 100g de savon de Marseille en paillettes, couvrez d’eau et faites chauffer à feu doux jusqu’à ce que le savon fonde et que le mélange soit homogène. Ajoutez deux cuillères à soupe de vinaigre blanc. Laissez refroidir votre préparation avant de la transvaser dans une bouteille. Pour renforcer l’efficacité antibactérienne de votre liquide vaisselle, vous pouvez rajouter (lorsque le liquide sera refroidi) quelques gouttes d’huile essentielle de marjolaine dans votre flacon (10 ou 15 gouttes pour 500ml de liquide). Quelques gouttes d’huile essentielle de pamplemousse désinfecteront, et en plus, ça sent bon !

Pour le linge, utilisez également des paillettes de savon de Marseille :

Faites bouillir 3,5 litres d’eau. Ajoutez 150g de paillettes de savon de Marseille et une poignée de cristaux de soude (ça adoucit l’eau et entretient la machine à laver). Versez rapidement dans un ou deux bidons. Le mélange s’épaissit. Laissez ensuite refroidir, puis ajouter une cuillerée à café d’huile essentielle d’arbre à thé appelé aussi tea tree (il est aseptisant) ou de citron (pour le blanc). Agitez bien avant chaque utilisation et comptez un verre à moutarde par lessive. Du vinaigre blanc dans le bac à adoucissant assouplira votre linge, avec de l’huiles essentielle de lavande vraie.

Le savon de Marseille est hypoallergénique, détachant et antiseptique. Il a un grand pouvoir nettoyant. Inventé sous Louis XIV au XVIIème siècle, il était composé de 72% d’acides gras provenant du mélange d’huiles et de bicarbonate de soude. Mais depuis 1906, il est composé de 63% d’huile de coprah (huile végétale fabriquée à partir de la noix de coco) ou de palme (il faut donc faire attention car la production d’huile de palme est en phase de devenir un cauchemar écologique… voir à la fin de l’article), de 9% de soude ou de sel marin et de 28% d’eau.

Un autre savon : le savon noir

Le savon noir ou savon mou est fabriqué à partir de la potasse et d'un corps gras. Il a un peu l'aspect du miel. Il était autrefois le savon le plus répandu. La potasse était obtenue à partir des cendre de bois (les gaulois utilisait du suif de chèvre et de la cendre). Le terme potasse désigne les "cendres du pot" dans lequel l'on avait placé de l'eau pour en faire de la lessive. C'est en effet un savon relativement facile à obtenir : de l'eau de cendre (eau dans laquelle a trempé la cendre), de l'huile puis on faisait chauffer le tout quelques heures.

Le savon noir est un excellent nettoyant multi-usages, très dégraissant et détachant. Il permet de dégraisser les hottes et les fours, de nettoyer les vitres sans rinçage, d'enlever des taches de goudron ou de décaper de la peinture à l'huile (il entretien les pinceaux d'ailleurs). Enfin, il nettoie en profondeur, fait briller, nourrit et protège les surfaces en particulier les ardoises, le marbre, tous les carrelages ou les linos. Le savon noir est très concentré (ce qui justifie son prix assez élevé) ! 1 à 2 cuillères à soupe de savon noir liquide dans un seau suffisent pour l'entretien des sols.

Les huiles essentielles indispensables 

He citron

Le tea tree (ou arbre à thé) est un antiseptique redoutable. Il agit contre les microbes, virus, parasites et autres champignons. Pour nettoyer toute la maison : ajoutez 20 gouttes d’huile essentielle de tea tree dans l’eau de rinçage de votre sol.

L’eucalyptus radié est également un antiseptique classé parmi les plus efficaces. Il permet de désinfecter, par exemple, la litière du chat en ajoutant 1 à 2 gouttes d’huile essentielle d’eucalyptus dans l’eau de rinçage.

L'huile essentielle de citron dans les produits d’entretien. Quelques gouttes suffisent pour renforcer leur efficacité antiseptique, comestible, vous pouvez par exemple le rajouter dans votre liquide vaisselle. 

L’huile essentielle de lavande sur un galet, un morceau de tissu ou de bois repoussera les mites et laissera dans vos armoires une agréable odeur.

L’huile de palme : le défit !

Quand des scientifiques examinèrent les plantations de palmiers en Indonésie et en Malaisie, ils devinrent inquiets. La demande croissante pour l’huile de palme en Europe, ... a entraîné le déboisement (par le feu) de grandes étendues de forêt équatoriale en Asie du sud-est. ... Des quantités importantes d’émissions de dioxyde de carbone furent rejetées dans l’atmosphère... Inondations, glissements de terrain, destruction de l'habitat d'espèces protégées et les immenses feux criminels ravagent chaque année Sumatra et Bornéo, enfumant jusqu'à Singapour ou Kuala Lumpur. Autant de catastrophes qui frappent des espaces destinés aux palmiers à huile. Selon le ministère des forêts indonésien, la superficie des plantations de palmiers à huile est passée de 120 000 hectares en 1968 à 5,5 millions d'hectares en 2004. Les plantations de palmiers à huile entraînent avec elle la disparition des espèces animales telles que l’orang-outan. Mais au-delà de ces conséquences dramatiques, qui touchent déjà les populations locales, c’est le fragile équilibre de notre planète qui est lui-même bouleversé…

Huile de palme

l’orang-outan menacé par la déforestation.

Savon de Marseille sans huile de palme est-ce possible ?

Il est quasi impossible de trouver un savon dit "de Marseille" sans huile de palme, même dans les magasins bio. Le savon d'Alep est plus facile à trouver sans huile de palme et permet aussi de faire de la lessive.

Alors,  bien qu’il y ai de l’huile de Coprah et de l’huile de Palme dans le savon de Marseille, il reste un produit simple, bio dégradable et efficace. Pouvons-nous alors peut-être utiliser un savon de base à l’huile d’olive qui soit de récolte française ? Mais les fabricants se font rares !

Comment se sortir de ce dilemme ?

Laver sans produit c’est possible. La machine à bulles d’air se passe de lessive. Envoyées à forte pression, ces bulles nettoient en pulvérisant les taches. Intéressante sur le plan énergétique (80 % d’économie par rapport à un équipement classique), elle consomme hélas beaucoup trop d’eau et son prix n’est pas des plus engageants.

Les noix de lavage, dont certaines sont estampillées commerce équitable, permettent elles aussi de se passer peu ou prou de produits lessivies. Cette ressource naturelle et renouvelable nous vient d’Inde et du Népal où le Sapindus Mukorossis, grandi sans engrais ni pesticides, fournit des fruits à la coquille constituée pour l’essentiel de saponine. Mais son transport peu écologique n’en fait pas l’une des meilleures solutions.

Le problème de chaque alternative écologique est qu'elle ne peut s'appliquer en masse, du moins facilement ou « proprement ». Pour toucher plus large, on entre dans des dérives qui nuisent à court terme aux populations, à long terme à l'environnement. En même temps, si nous sommes trop peu à nous tourner vers ces alternatives écologiques, les résultats seront bien sommaires.

Un dilemme de plus qui nous fait encore une fois nous tourner vers la logique du « moins pire»..

Deux alternatives tout de même :

Le savon d'Alep est plus facile à trouver sans huile de palme et permet aussi de faire de la lessive. C'est l'un des savons les plus célèbres au monde. Le savon d'Alep est toujours fabriqué en Syrie, malgré la guerre. 

C'est un emblème de la Syrie. Alors que la guerre fait rage depuis 2011, le pays continue tant bien que mal à produire le savon d'Alep. Manar Najjar possède une savonnerie familiale. C'est l'une des dernières d'Alep à tenir le coup. Sur les 50 fabricants avant la guerre, il n'en resteraient plus qu'une poignée.

Un acheminement difficile : son savon réalise un long voyage. La production de Manar Najjar est acheminée à Villeurbanne, avant d'être distribuée. "C'est un des savons les plus vieux au monde qui reste très pur, car on le fait à l'huile d'olive et à l'huile de baies de laurier", explique Manar Najjar, patron de l'entreprise Najel.

Chaque année il distribue 500 tonnes de savon dans le monde entier. Mais avec la guerre, l'acheminement est devenu hasardeux. Heureusement, l'homme possède deux ans de stock dans ses entrepôts. "Il y a un passage extrêmement difficile, très couteux. On fait passer plusieurs containers quand on peut".

La SAVONNERIE DE L'ATLANTIQUE à  REZE (44) propose des savon où 0% de leur  bases savons sont importées d’Asie du Sud-Est. www.savon-atlantique.com  

Quelques astuces écologiques :

- Le vinaigre blanc est détartrant, dégraissant, désodorisant, antiseptique ; c’est l’antifongique le plus économique

- le bicarbonate de soude sert à nettoyer la cuvette des WC (avec du vinaigre blanc), désinfecter le frigo, désodoriser la moquette, les chaussures

- les cristaux de soude détartrent, dissolvent la matière grasse, détachent… He 

- les huiles essentielles sont des désinfectants, antiseptiques, antimicrobiens, antifongiques, répulsifs d’insectes, parfums

- le savon noir est détachant et dégraissant

- le savon au fiel est un détachant

- le percabonate de soude (ou de sodium) est un détachant et blanchissant

- le jus de citron décolore, désodorise, détartre…

- le marc de café dégraisse, désodorise, nettoie…

- Le chiffon en microfibres s’utilise sec pour dépoussiérer et humide pour dégraisser. Absorbantes, ces microfibres permettent de réduire la quantité de détergent. Elles sont lavables en machine.

Enfin, sachez que l’un des meilleurs nettoyants reste… l’huile de coude ! Plus on frotte, moins on utilise de produit.

Marie laure konig artiste peintre et blogueuse Facebook Google + Twitter Instagram Pinterest Horsealot Yummypets

 

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