Le paraben composant à sortir du quotidien

Paraben titre

« Un paraben est un parahydroxybenzoate d'alkyle, c'est-à-dire un ester résultant de la condensation de l'acide parahydroxybenzoïque avec un alcool. Ses propriétés antibactérienne et antifongique font qu'il est généralement utilisé comme conservateur dans les cosmétiques, les médicaments (ainsi que certains sirops et pommades, certain site publient  le nom de près de 400 produits pharmaceutiques contenant du paraben) et les aliments. »

 

En 2010, l'utilisation de parabens porte à controverse en raison de leur capacité à activer les récepteurs des œstrogènes, induisant une possible action sur la fertilité et les tumeurs œstrogéno-dépendantes, comme le cancer du sein. Le 3 mai 2011, l'Assemblée nationale a adopté une proposition de loi interdisant l'utilisation du parabène en France.

Paraben

Le paraben est présent en cosmétique mais aussi dans un grand nombre de produits pharmaceutiques.

De plus en plus de français achètent leurs cosmétiques sur Internet. En observant les mots clés que tapent les internautes lors de leurs recherches sur le moteur de recherche Google, on remarque que de plus en plus de personnes veulent des cosmétiques naturels sans produits chimiques. Le premier mot clé sur la liste est le PARABEN (les internautes recherchent : « sans paraben »).

Utilisés pour leurs propriétés antiseptiques, ces conservateurs protègent les produits cosmétiques et alimentaires des contaminations bactériennes. Pour repérer les parabens rien de plus simple: sur un produit alimentaire il s'agit des additifs E214 à E219 - sur un produit cosmétique ils apparaissent sous leurs noms propres.

Pourtant, au départ, ils sont apparus pour remplacer d'autres conservateurs, les formaldhéïdes, jugés dangereux, et dont l'usage est aujourd'hui limité aux vernis à ongles.

Des allergisants

Les parabens peuvent provoquer des allergies de contact. De nombreuses personnes victimes de réactions allergiques aux cosmétiques le seraient en fait aux parabens. Leur problème identifié, ils ont pu regoûter aux joies de la crème en s'orientant vers des formules sans parabens, ce qui il y a quelques années n'étaient pas une mince affaire!

Une activité oestrogénique

De nombreuses études ont été menées sur des rongeurs pour évaluer les effets oestrogéniques des parabens. Si le methylparaben et l'ethylparaben n'ont présenté aucun effet sur les hormones et les organes reproducteurs, même à très forte dose, le propylparaben a affecté plusieurs paramètres et induit notamment une réduction de la production de spermatozoïdes. Au vu de ces résultats, l'EFSA (European Food Safety Authority) avait émis un avis sur la sécurité de l'utilisation du propylparaben dans les produits alimentaires.

Cancérigènes ?

En janvier 2004, le docteur Philippa Darbre jette un froid en publiant une série de trois articles impliquant un rapport entre les parabens et le cancer du sein. N'eussent-ils pas d'effets démontrés sur le cancer du sein, certains parabens comme le propylparaben, le butylparaben et l'isobutylparaben ont tout de même des effets oestrogéniques documentés par de nombreuses publications. Aussi, la coïncidence était suffisament troublante pour alimenter la polémique.

Une fois la nouvelle annoncée, Internet prend le relai et la polémique est lancée. De nombreux comités d'experts se penchent alors sur le sujet et précisent que les résultats du docteur Darbre sont soumis à caution dans la mesure où il n'y a pas de comparaison avec les tissus mammaires de femmes en bonne santé. De son côté, l'Afssaps, agence française de sécurité sanitaire des produits de santé s'est dite favorable à l'utilisation de deux parabens dans les conditions de la réglementation actuelle.

Le methyl paraben : vieillissement cutané

Une étude menée par un groupe de chercheurs de l'Université de médecine de Tokyo a montré que le methylparaben, appliqué sur la peau à une concentration telle qu'on le trouve dans les produits cosmétiques, accélérait le vieillissement cutané si la peau était exposée au soleil. A l'occasion jetez un coup d'oeil à la composition de votre crème de jour...

Sans paraben ne signifie pas sans conservateurs de synthèse

Cependant, un produit "sans paraben" cache souvent d'autres conservateurs synthétiques tout aussi néfastes mais moins connus du grand public. Attention donc à bien vérifier les listes d'ingrédients de vos produits cosmétiques lorsque vous voyez la mention "sans paraben" !

Parmi les nouveaux conservateurs privilégiés de l'industrie cosmétique, il y en a deux qu'on retrouve quasi-systématiquement en remplacement des parabens : le méthylisothiazolinone et le phénoxyéthanol.

Méthylisothiazolinone : un paraben de remplacement

Le méthylisothiazolinone est un des principaux substituts aux parabens. Ce biocide a des propriétés allergisantes très prononcées et est responsable de fortes irritations cutanées chez les consommateurs de produits cosmétique en contenant. Pour les personnes à la peau fragile, le contact du méthylisothiazolinone peut même se solder par de l'eczéma de contact, soit l'apparition de plaques rouges et de fortes démangeaisons.

Présent dans de nombreux shampoings, crèmes et lingettes pour bébé, on peut également le trouver dans les listes d'ingrédients sous l’appellation Kathon CG. La législation en vigueur limite sa concentration dans les produits cosmétiques à un maximum de 0,01%. Pour autant, le nombre d'irritations cutanées liées à ce biocide serait en croissance d'après la Société Française de Dermatologie. 

Tout comme les parabens, c'est donc un conservateur au faible coût qui ne nécessite pas d'être présent en grande quantité pour être efficace, mais qui présente de sérieux risques pour la santé.

Phénoxyéthanol : dangereux pour les enfants

Le phénoxyéthanol est utilisé sous sa forme synthétique comme conservateur cosmétique. Souvent, il sert même de solvant pour d'autres conservateurs. Issu de la famille des éthers de glycol, cet allergène reconnu peut provoquer urticaire et eczéma.

Ce composant présente des risques cancérigènes non négligeables et peut entraîner de graves troubles de la fertilité chez l'homme, une conséquence qui n'est pas sans rappeler l'action des perturbateurs endocriniens. En somme, il est également nocif pour le sang et le foie, notamment chez l'enfant de moins de 3 ans pour qui le seuil de concentration est beaucoup plus bas que chez l'adulte.

Attention aux lingettes pour bébé. Ainsi, l'ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament) recommande de réduire la concentration de phénoxyéthanol à 0,4 % dans les produits destinés aux enfants de moins de 3 ans. Elle conseille aussi d'éviter complètement les lingettes pour bébé contenant du phénoxyéthanol (une recommandation soutenue par l'Agence Sanitaire Française). On le trouve également sur les listes d'ingrédients sous le nom de phénoxytolou EGPhE.

Les conservateurs à éviter

L'absence de paraben ne signifie pas que d'autres conservateurs tout aussi douteux ne sont pas présents dans la formule. Cependant, les appellations des conservateurs sont nombreuses et peuvent paraître difficiles à différencier sur une liste d'ingrédients. 

D'ailleurs, si le phénoxyéthanol et le méthylisothiazolinone sont les principaux substituts aux parabens utilisés aujourd'hui en cosmétique, il existe d'autres conservateurs chimiques fréquemment utilisés qui présentent d'importants risques pour la santé comme les Paraoxybenzoates, le triclosan, Le cetrimonium, et les libérateurs de formols (formaldéhyde).

Optez pour la cosmétique bio !

Le meilleur moyen de garantir l'absence de ce type de conservateurs reste donc d'opter pour des produits cosmétiques bio ou de formule 100% d'origine naturelle. 

Les cahiers des charges bio autorisant un nombre très limité de conservateurs synthétiques, tous sans dangers pour la santé (tels que l'acide sorbique ou encore l'acide hydroacétique), excluent bien tous les conservateurs synthétiques potentiellement toxiques, également absents des formules 100% d'origine naturelle. 

 

 

Marie laure konig artiste peintre et blogueuse Facebook Google + Twitter Instagram Pinterest Horsealot Yummypets

écologie bien-être

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