ART ZEN - Emission radio RVM - La cuisine

La cuisine

La cuisine

C’est une évidence, la cuisine est à la mode. En moins d’une dizaine d’années, elle a quitté la simple activité ménagère jusqu’à saturer le monde des médias, de l’édition papier et d’Internet.

La cuisine

Emission du 16 juillet 2016 sur la radio RVM 93.7 

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En podcast sur le site de RVM : https://www.radio-valois-multien.fr/emissions/art-zen

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Flechehaut Ecoute de l'émission

Lecture de l'émission Flechebas

 

Bonjour et bienvenue à l’écoute de cette émission : Art Zen. Aujourd’hui nous allons de l’art culinaire.

C’est une évidence, la cuisine est à la mode. En moins d’une dizaine d’années, elle a quitté la simple activité ménagère jusqu’à saturer le monde des médias, de l’édition papier et d’Internet. Il faut être cuisinier ou cuisinière, il faut parler cuisine, et bien sûr posséder le carnet d’adresses des producteurs et des restaurateurs dans le vent. La cuisine et tout ce qui l’entoure est mode. Sur youtube, nous trouvons même de la musique pour cuisiner !

Si, jusqu’au début des années 2000, la cuisine se résumait à quelques livres de recettes, aujourd’hui le phénomène est planétaire.

Nous ne faisons plus confiance aux responsables politiques, ni au clergé, mais nous n’attendons plus qu’une chose, que des cuisiniers nous disent comment manger et comment vivre. Après le fast food, nous sommes aujourd’hui à l’ère du fast good ! Même l’art contemporain a son mot à dire sur la cuisine : mise en scène, installation, notre assiette est devenue une véritable œuvre d’art…

Mais pourquoi est-ce que ???

La crise ma bonne dame, la crise !!

Anne-Sophie Pic, seule chef femme à bénéficier des trois étoiles au Guide Michelin nous dit ceci : "Aujourd'hui avec la crise, les gens se sont remis à cuisiner"

Tiens, une femme ? Et pourquoi il n’y a qu’une femme chef étoilée alors que dans la vraie vie, ce sont elles qui sont derrière les fourneaux !!! Et bien, détrompez-vous !! S’il y a 20 ans c’était les femmes aux fourneaux, aujourd'hui c'est les hommes, chercher l'erreur ???

Voici ce que nous dit une Internaute « Mon père cuisinait, il m'a appris très jeune à faire des gâteaux, de la crème moka, ma mère faisait les tartes. Mon frère a toujours cuisiné aussi. Je trouve formidable que les hommes cuisinent, ils prennent conscience de leur participation dans la vie du foyer et cela fait plaisir à leurs compagnes et ils montrent l'exemple aux enfants. Les femmes bricolent, jardinent c'est une évolution qui ne peut que faire du bien aux couples. »

Ça aussi c’est dû à la crise… Bah oui, les  femmes travaillent et rentrent tard… Il y a 10 ans, madame achetait du surgelé ou des plats préparés et jetait ça vite fait dans le micro-onde, parce qu’il y a dix ans, Monsieur n’était pas prêt pour la cuisine… Mais la crise aidant, on se rend bien compte que de transformer ses produits soi-même revient beaucoup moins cher. Et puis au moins, on sait ce qu’on mange ! (enfin presque…)

Et oui, tiens, qu’est-ce qu’on mange maintenant ?

Selon le primatologue Richard Wrangham, de l'université de Harvard, la plus grande révolution dans notre régime alimentaire n'a pas eu lieu lorsque nous avons commencé à manger de la viande, mais lorsque nous avons appris à cuisiner, il y a de cela 1,8 million à 400 000 ans.

Et après le fast food et le surgelé nous préférons les choses simples et peu caloriques.  Enfin, pour certains car nous assistons à la venue en force des vraies valeurs, de nos bonnes recettes de grands-mères voir même d’arrière grand-mères voire même de la cuisine médiévale…

Uhmmm… Liaison des sauces au pain ou à l'amande, goût pour des saveurs acidulées, parfum des épices, retour du gras bien gouleyant…

La cuisine médiévale fait partie de notre patrimoine culturel européen. En effet, des livres de cuisine sont parus dans toute l'Europe, entre le 13e et le 16e siècle. Du Danemark à l'Italie, de l'Espagne à l'Angleterre, on retrouve, au-delà de petites différences régionales, des recettes de cuisine communes à toute l'Europe médiévale. Car pour certains cette gastronomie est un patrimoine européen aussi précieux pour l'étude de notre culture que l'architecture des châteaux forts ou des cathédrales gothiques.

Nous avons un grand besoin d’identité dans ces jours où tout se perd, où l’on change nos régions, le nom de nos régions, où notre pays historiquement catholique se perd dans la laïcité, il nous reste quoi ? La bonne vieille cuisine française, mondialement reconnue comme étant un patrimoine culturel.

Est-ce que ça ne serait pas une clé de notre engouement soudain pour la cuisine ?

Bah oui ! On ne se réunit plus dans les églises, aujourd’hui on participe à des ateliers de cuisine !

Mieux manger, partager et se cultiver … Cuisiner, c’est le bonheur ! Et c’est tout simple : il faut juste comprendre le « pourquoi » des choses et maîtriser quelques techniques de base, mais avec un vrai cuisinier pédagogue pour vous l’expliquer. Et puis, c’est sympa de se retrouver à plusieurs : on échange ses « trucs », on discute, on rit … et on repart chez soi avec tout un stock d’idées recettes et l’envie de les partager, au grand bonheur des amis et de la famille !

Les grands chefs ont leur atelier : cyril lignac, Michel Guérard…

Ah non, lui c’est autre chose. Michel Guérard est un adepte de la cuisine «santé». À Eugénie-les-Bains, son fief des Landes, il démontre depuis quarante ans que l’on peut cuisiner à la fois sain et très bon. Une véritable philosophie alimentaire dont il a fait un combat.

Et nous voilà rebondissant sur la cuisine thérapeutique…

Des ateliers de cuisine thérapeutiques sont proposés dans certains centres hospitaliers afin d'améliorer les conditions de vie de leurs patients. Comment se déroulent ces ateliers et quels en sont les bénéfices ? Qu'est-ce que la thérapie par la cuisine ? 

Les patients susceptibles de bénéficier de ce type de thérapie peuvent être : des personnes âgées vivant seules, des personnes atteintes de maladies mentales, des personnes à mobilité réduite.

La plupart des ateliers se déroulent de la même manière : les participants lisent la recette tous ensemble, on calcule les quantités d'ingrédients nécessaires à la réalisation de la recette, les tâches sont réparties entre tous les patients, les participants prennent les ustensiles dont ils ont besoin et ils exécutent leur part du travail.

Les bienfaits de la culinothérapie sont nombreux et touchent à différents domaines : sur le plan nutritionnel bien sûr mais aussi sur les capacités cognitives qui sont sollicitées de plusieurs manières dans le cadre de cette activité. En effet, la mémoire, l'attention, la concentration et l'organisation sont stimulées.

Et comme les autres ateliers de cuisine, ces ateliers ont une vocation relationnelle forte. Le but est d'inciter au partage, à la collaboration et à l'échange tout au long de l'activité et de favoriser le sentiment d'appartenance à un groupe. La cuisine étant traditionnellement perçue comme une activité conviviale, chaleureuse et rassurante, elle contribue à faire naître des sentiments de bien-être chez les participants.

Tiens justement, en parlant de convivialité, je me suis rendue à un concours de cuisine le 1er mai dernier, organisé par la municipalité de la Fontaine Chaalis… Ecoutez ce qui s’est passé :

Reportage la Fontaine Chaalis

Bon, si la cuisine est conviviale, il y a des petits malins qui on réussi à nous la rendre personnelle…

Leçons de Cuisine ! Qu'allons-nous manger aujourd'hui ? C’est un jeu vidéo disponible sur Nintendo DS, de genre Inclassable , de thème Cuisine, développé par Indies 0 , édité par Nintendo. D'aucuns se gausseront lourdement de la propension de Nintendo à faire du pied aux non-joueurs avec des concepts de moins en moins proches de ce que l'on imagine d'un jeu vidéo...

Et puis, il y a les irréductibles, ceux qui n’aiment pas faire la cuisine !!

« J’ai horreur de ça ! Je ne sais jamais quoi faire ni comment. Cela m’ennuie de suivre une recette, d’émincer, d’attendre... »

La préparation des repas reste, pour beaucoup, une activité́ fastidieuse, interminable et rarement gratifiante. Elle soulève par ailleurs des choix cornéliens : que privilégier ? La santé, le plaisir, le budget, le goût des uns ou des autres ? » Pour les non-passionnés, faire la cuisine est « une tâche anxiogène, éprouvante et culpabilisante »

Personne ne m’a appris…

La cuisine est porteuse de valeurs culturelles, familiales, religieuses, mais aussi de partage, de convivialité́. Autant d’éléments qui, comme l’explique Gérard Apfeldorfer, psychiatre et spécialiste des troubles du comportement alimentaire, se transmettent au sein de la famille... ou pas. « Si notre éducation ne nous a pas appris à aimer toutes ces notions de plaisir, de partage, d’héritage qui passent par la cuisine, il est difficile de les développer sur le tard, seul ».

Il y a aussi la peur de mal faire

La psychothérapeute Catherine Aimelet-Périssol nous dit que « toute la charge émotionnelle que cuisiner implique : la peur de rater son plat, d’être jugé par l’autre ou qu’il n’aime pas le repas ; mais aussi la crainte de ne pas faire aussi bien que sa mère (tiens, on dirait moi… mais maintenant, Monsieur est habitué à MA cuisine…) ».  Ce n’est pas tant que certains n’aiment pas cuisiner, mais ils n’osent pas : ce serait mettre en danger leur identité́, tant ils s’investissent dans tout ce qu’ils peuvent créer.

La cuisine est un art, qui, comme tous les arts, sont soient un don, soit le fruit d’un travaille laborieux, soit les deux.  Et pour être bon dans son art, il faut l’aimer…

Pourquoi aimez-vous faire la cuisine ?

J'aime faire la cuisine pour son côté odeur, couleur, j'aime faire plaisir aux miens puis j'adore être à table pour le goût et j'avoue que je suis une gourmande

J'aime autant cuisiner que manger. Il y a une part de don, nourrir. Il y a une part de créativité. Il y a aussi une part manuelle, ce qui me change de mon travail très intellectuel. Cela me détend de cuisiner comme dans le jardinage que je découvre. 

Je trouve qu'il y a quelque chose de très fondamental à ces activités liées à la vie sous l'angle de la survie et au plaisir en même temps.

Voilà, nous arrivons à la fin de Art Zen.

Et nous allons finir avec un extrait du film : la cuisine au beurre où Fernandel et Bourvil se disputes la façon de cuisiner une omelette…

 

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