ART ZEN - Emission radio RVM - Le tricot

Tricot

Le tricot

Aujourd’hui nous allons parler tricot…

A l'heure où les anciens passe-temps reviennent à la mode, nous ne parlons plus seulement de tricot mais de tricot-thérapie... 

Le tricot

Emission du 27 février 2016 sur la radio RVM 93.7 

En podcast sur le site de RVM : https://www.radio-valois-multien.fr/emissions/art-zen

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Bonjour et bienvenue à l’écoute de cette émission : Art Zen

L’art. L’artisanat d’art. L’art créatif.

Je vais vous ouvrir une petite lucarne sur ce qui sera peut-être votre passion de demain.

Si vous avez envie de faire quelque chose de vos mains, écoutez cette émission.

Et aujourd’hui nous allons parler tricot…10958932 1

La technique du tricot fut répandue dans le monde arabe au plus tard dans le courant du 10ème siècle, la présence du tricot en France et en Europe médiévale est également incontestable.

Il est difficile de dresser avec certitude un historique de la technique du tricot, nous savons que la Reine Marie-Antoinette s'adonnait volontiers au tricot ainsi que sont contemporain, le Roi Frédéric II de Prusse !

Personnellement, je tiens ma pratique du tricot de ma mère, qui la tenait de sa mère qui avait dû également être initiée par sa mère.

Puis, le tricot s’est perdu… pour mieux revenir.

Mais de nos jours, avec une notion plus contemporaine, celle du bien-être...

Et oui, comme pour toutes les anciennes activités qui reviennent à la mode, souvenez-vous, je vous ai parlé du coloriage il y a peu de temps, nous parlons aujourd’hui de tricot-thérapie…

Le tricot aurait donc des vertus bienfaisantes parmi lesquelles ralentir notre rythme, il possèderait des vertus anti-stress, des vertus sociales (on en parle beaucoup dans les blogs…), faciliterait les régimes (pendant que l’on tricote, on ne mange pas…), aiderait à arrêter de fumer par la compensation du geste.

Et puis, aujourd’hui, ce n’est plus ringard de porter du tricoté mains, ce serait même très tendance.

10994878 1D’ailleurs, le tricot n’est plus réduit au pull et à la layette. Aujourd’hui, tout se tricote : des sacs à mains, des jouets, des habits pour toutous, des maillots de bain, le tricot se montre dans les galeries d’art contemporain. Sculptures, performances, le tricot s’adapte aux supports. L’artiste Olek nous offre d’ailleurs une très belle performance en crochet : le cube d’Astor Place à New York

Et puis, il y a une paire d’année que sur les podiums et dans la rue, le DIY (Do it ourself, traduisez : fais le toi-même) et la customisation sont à la mode. Les créateurs aiment la laine et les mailles. On a vu des mannequins défiler en tricotant leur propre robe (Jean-Paul Gaultier en 2008), des total look audacieux (D&G en 2010) et encore quelques jolies pièces lors des derniers défilés.

Pour vous parler du tricot, je vous ai trouvé une petite perle qui parle de son métier avec passion… Valérie Clément qui nous réalise de petites merveilles sous le nom « d’un soupçon d’elle »…

« MLK – Bonjour Valérie, je vous ai demandé une interview parce que vous pratiquez un tricot un petit peu particulier. Vous réalisez du tricot d’art…

VC – J’affectionne énormément la dentelle, sous toutes ses formes et j’ai utilisé mes connaissances en tricot pour l’aborder d’une façon artistique. Je considère que ce que je fais, fait parti des métiers d’art que l’on utilise dans la haute couture.

MLK – Comment en êtes vous venue au tricot ?

VC – Comme toutes les petites filles j’ai été initiée au départ par ma mère, qui était styliste et qui tricotait un petit peu comme tout le monde. Et puis, je n’ai pas vraiment accroché. Je m’y suis remise quand j’étais étudiante parce que je voulais gagner quelques sous. J’ai repris les aiguilles toute seule avec livre comme un dictionnaire de points. Et puis je me suis mise à tricoter et à confectionner mes propres modèles. Et puis en même temps j’ai continué à gagner un peu d’argent en travaillant pour des grandes marques de fils. Puis les enfants et la vie professionnelle, j’ai laissé un peu tomber. Et je m’y suis remise il y a quelques années et j’ai découvert la dentelle traditionnelle russe, la dentelle estonienne, et je me suis passionnée pour ce type de travail.

MLK – Vous ne faites pas que tricoter, ce sont vos propres créations que vous proposez. Vous ne suivez pas de modèle ?

VC – Je ne suis pas précisément de modèle parce que l’intérêt c’est plus de créer. Parce qu’au départ on a une idée dans la tête et puis après ça se transforme. L’idée c’est vraiment la création. C’est de découvrir son propre travail.11021416 1

MLK – Dans votre travail vous mélanger la maille, la dentelle, mais quel est votre secret pour avoir une maille aussi régulière ?

VC – Je pense que ça c’est le savoir faire, il n’y a pas un réel secret. C’est la touche personnelle, c’est la façon de travailler. Chacune a sa propre main. Après je suis assez vigilante à la matière, j’aime bien utiliser de beaux fils. Ça participe quand même à la texture du travail. C’est quand même quelque chose de très méticuleux, très minutieux, raffiné.

MLK – Vous m’avez dit que vous tiriez votre fil à chaque point ?

VC – La dentelle, c’est quelque chose d’extrêmement minutieux et chaque maille a besoin d’être travaillée de façon particulière. Je m’applique vraiment à ça et je pense que c’est ce qui donne ce résultat.

MLK – Et vous suivez la mode de près dans vos créations je suppose ?

VC – Dans les créations, la dentelle reste quand même quelque chose de traditionnel. Mais évidemment on suit quand même les tendances. La tendance c’est le retour en force des étoles et des châles. Mais après la dentelle, je l’utilise au travers de petits accessoires, comme des bonnets, des mitaines… On peu vraiment utiliser une dentelle traditionnelle au travers de n’importe quel ouvrage tendance.

MLK – Vous n’avez pas de boutique ou de boutique en ligne ?

VC – Je suis en train d’ouvrir une boutique « Epsi », donc il y aura un lien dans quelques temps. Après ma page Facebook qui est une page communautaire, où je présente mes ouvrages, les gens me contactent via la messagerie, et puis jusqu’à présent ça marche très bien comme ça.

MLK – Parce que vous ne proposez pas des modèles types, les personnes qui vous commandent des modèles sont confiantes, elle vous laisse faire ?

VC – Oui, j’ai de la chance. Au départ évidemment j’ai proposé des choses hors commande que j’avais faites de ma propre initiative. Puis la page se construisant comme ça, avec des créations, les femmes me font confiance aujourd’hui. Elles me guident simplement sur se qu’elles souhaitent, une étole, un châle, des mitaines, un bonnet, une écharpe… ça me permets de créer quelque chose de nouveau à chaque fois. Donc ça, c’est une grande chance et je les remercie.

MLK – Pensez-vous que votre travail soit suffisamment valorisé. Parce que l’on trouve beaucoup dans les grandes marques, du tricoté mains pas cher. Ça vous inspire quoi ?

VC – Le tricoté mains pas cher, c’est pas du tricoté mains. C’est fait industriellement, aujourd’hui vous pouvez acheter du « tissu » dit –tissu- et en fait, c’est du tissu tricoté sur des machines. Alors évidemment, le prix, ça n’a rien à voir. Et le travail n’a rien à voir non plus. Je ne pense pas que  l’es gens maitrisent tout ça, les gens voient le résultat, on veut une écharpe, on veut un bonnet, on n’a pas forcément envie de mettre beaucoup d’argent. La mode ça se renouvelle, c’est vraiment quelque chose d’éphémère donc ça peut se comprendre. Quand je propose une étole ou un châle en dentelle, qui m’a demandé je ne sais combien d’heure de travail, évidemment, ce n’est absolument pas le même travail. C’est pour ça que je parle de métier d’art.

MLK – Tout à l’heure je parlais de « tricot-thérapie », est-ce que vous ça vous concerne ? (Rire) Est-ce que tricoter vous apporte de bien être ? J’ai l’impression que non…

VC – Ce qui m’apporte du bien être c’est de créer. Après c’est quand même beaucoup d’attention, beaucoup de minutie, beaucoup de concentration, du travail de création, je ne peux pas vraiment parler d’une tricot-thérapie dans le sens ou on pratiquerait le yoga, car pour moi, c’est souvent des prises de tête.

MLK – La tricot-thérapie serait par exemple pour un pull toujours du même point, là effectivement, on ne fait pas attention à ce que l’on tricote, on peut papoter en même temps…

VC – Après je dois dire, moi je suis musicienne, et c’est vrai que quand on fait de la dentelle, c’est comme des séquences que l’on a dans la tête et je me la répète comme si je suivais une partition. C’est pour cela que j’ai besoin d’être concentrée aussi parce que j’ai ce mouvement dans la tête et souvent je me rends compte que je fais une erreur parce que je n’ai pas cette même cadence dans l’esprit. C’est amusant. C’est vrai que ça mets quand même dans une bulle et puis ça permet de s’échapper, et effectivement, ça peut faire du bien aux gens. Si ce n’est pas trop compliqué parce que là c’est quand même complexe. On fait beaucoup plus attention à ce que l’on fait. »

Tricot-thérapie…12036939 1

Le Dr Bendon, directeur de l’Institut du cerveau à l’école de médecine de Harvard nous affirme que ce passe-temps demande une concentration proche de la méditation. Une fois que le point à effectuer a été totalement mémorisé, l’esprit peut vagabonder paisiblement. Les mouvements répétés des aiguilles deviennent naturels et activent les mêmes zones du cerveau que le yoga ce qui permet de ressentir les bienfaits de la méditation, c’est « un moyen de mettre le corps en relaxation ». Tricoter permet donc d’apaiser les tensions et les problèmes de santé liés à l’anxiété.

Monica Baird, spécialiste de la douleur,  interrogée par Catherine Cordonnier pour Top Santé explique que « le fait de tricoter modifie la chimie du cerveau, en faisant baisser le taux de cortisol, l’hormone du stress, tout en dopant la production de dopamine et de sérotonine, les molécules du bien-être ».

D’ailleurs, Jacques Plante, gardien de but pour l’équipe de hockey Les Canadiens de Montréal, pratiquait le tricot avant et après les matchs de la Coupe Stanley entre 1956 et 1960 car il estimait que cette pratique avait un effet calmant.

Et je vous l’ai dit, tricoter a aussi des vertus sociales. Nous voyons pousser dans les grandes villes des cafés tricots de plus en plus populaires. Les hommes et les femmes sortent de leur quotidien et créent de nouveaux liens amicaux grâce à leur passion.  Et  puis, on peut confectionner des vêtements ou couvertures pour des œuvres caritatives.

Alors, à vos tricots !

Voilà, nous arrivons à la fin de Art Zen.

A bientôt et restez zen !

Vous pouvez admirer le travail de Valérie sur son Facebook : https://www.facebook.com/unsoupcondelle/

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