ART ZEN - Emission radio RVM - Le portrait

Portraits

Le portrait au travers les âges

Aujourd’hui nous allons faire un petit tour historique et parler du portrait au travers les âges.

Puis nous allons écouter l'interview de Lucile CALLEGARI, peintre portraitiste pour son travail que j'affectionne particulièrement

Le portrait au travers les âges

Emission du 9 mars 2016 sur la radio RVM 93.7 

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Bonjour et bienvenue à l’écoute de cette émission : Art Zen

Aujourd’hui, nous allons parler des portraits…

Le portrait apparaît très tôt dans l’histoire de l’art. Les civilisations de l’Antiquité égyptienne, étrusque, grecque et romaine lui attribuent des valeurs essentiellement religieuses liées à la représentation des morts. Toutefois le portrait joue aussi un rôle politique en permettant de renforcer le pouvoir des puissants.

L’image, qui doit rassembler tout ce qui fait que les hommes se ressemblent, reste conventionnelle. La recherche de singularité s’efface au profit de la mise en place d’archétypes.

Pendant la période du bas Moyen-Âge, le triomphe de l’iconographie religieuse met un peu de côté le portrait privé. L’individu ne trouve pas sa place dans cet art de la spiritualité et du sacré.

Puis vint le portrait de cour, pour afficher un rang social. La Renaissance marque la réapparition, voire « l’invention », du portrait. Quittant le domaine religieux, le portrait de cour domine. Les artistes mettent en place une hiérarchie des genres dans laquelle le portrait se place en deuxième position derrière les scènes historiques. Au 18e siècle, se faire portraiturer devient une pratique courante dans toutes les couches aisées de la population.

Le portrait le plus connu reste la Joconde de De Vinci.  L'artiste de la Renaissance est un artiste complet, souvent peintre et orfèvre, sculpteur et architecte, théoricien et poète. L'artiste devient un savant, il écrit ou utilise des traités théoriques, connaît les règles de la perspective, s'attache à la connaissance du corps humain en pratiquant les dissections, observe et expérimente. La Joconde marque un moment crucial dans l'évolution du portrait. Une impression de vie est rendue possible par la technique qui supprime le trait au profit de subtils passages entre l'ombre et la lumière.

D'autres artistes au début du xxe siècle élargissent également le répertoire du portrait vers de nouvelles directions.

Le fauviste Henri Matisse produit de puissants portraits à l'aide de couleurs non-naturalistes, criardes mêmes, pour les tons de peau. 

Cézanne s'appuie sur des formes très simplifiées dans ses portraits, en évitant les détails tout en soulignant les juxtapositions de couleurs.

Le style unique de l'Autrichien Gustav Klimt applique des motifs byzantins et de la peinture d'or sur ses mémorables portraits.

Le prolifique artiste espagnol Pablo Picasso peint beaucoup de portraits, dont plusieurs rendus cubistes de ses maîtresses, dans lesquels l'image de l'objet est grossièrement déformée pour obtenir une déclaration émotionnelle bien au-delà des limites de la caricature normale.

Gardons en exemple la femme qui pleure de Picasso où l’artiste recherchera plus la symbolique que la représentation conforme du modèle. Le visage de face et de profil est une trace du cubisme. C’est un portrait qui est à la frontière de plusieurs choix de représentation : figuratif mais abstrait dans ses parties, de face (les yeux) et de profil (menton) à la fois.

N’oublions pas non plus la caricature qui par la loi du 9 septembre 1835 se voit censurée pour les dessins, gravures et lithographies, l'Empire applique également la censure avec rigueur, et les artistes et les journaux se consacrent à la caricature des mœurs. Il faut attendre la nouvelle loi sur la presse de 1868 pour assister à une floraison de journaux dont La Lune de Gill, qui, rapidement disparu, renaît sous le titre de l'Eclipse, ou La Rue. C'est l'époque du portrait charge, dont les caractéristiques sont la ressemblance du sujet et l'exagération d'une tête énorme posée sur un corps rétréci.

Nous allons écouter maintenant l’interview de Lucile Callegari  qui nous offre un regard nouveau sur le portrait. « Le visage prend forme avec rapidité et énergie. Son modèle disparaît dés les premières touches ; le réel est modifié et ne devient que mise en scène, prétexte à la confrontation d’un face à face. »…

Interview – Lucile CALLEGARI

« 

MLK – Bonjour Lucile, merci pour cet interview que tu veux bien nous consacrer. D’où te vient cette passion pour les visages ?

Eyes closedLC – J’ai toujours été admirative et subjuguée par l’art du portrait en général, et à travers toutes les époques, c'est-à-dire des portraits du Fayoum, ceux des peintres flamands, la pureté des visages des Madones de la renaissance italienne et puis bien d’autres encore de l’histoire de l’art. « Donner vie » à un visage nouveau que je créer de toute pièce, et en ressortir les caractéristiques humanisées à l’âme de celui qui est présenté, est tout simplement magique. C’est pour la magie et puis également représenter aussi des visages sur commande avec la contrainte de la ressemblance physique et de dégager les traits psychologiques de la personne.

Dans le choix du portrait comme sujet principal, c’est effectivement et vraiment le sujet unique de ma peinture, et ça c’est imposé très très vite à moi, ça a été vraiment une évidence, dès ma seconde toile. Tout de suite ça a été le portrait féminin et rien d’autre.

MLK – J’ai vu que tu avais essayé les portraits masculins mais ça à l’air de moins te plaire ?

LC – Oui, j’ai traité quelques hommes, c’était des commandes. Ils étaient réussis, il n’y avait pas de soucis, je n’ai pas de soucis par rapport aux hommes non plus, mais, effectivement, je trouve plus de subtilité, de diversité, d’esthétique, de psychologie dans le visage de la femme. C’est vraiment pour l’éloge de la femme.

Ce choix là, c’est vraiment le moyen de mon expression, et je ne traite que le portrait, c'est-à-dire que ce que j’ai à transmettre, ne peux se faire que par l’humain, le regard, l’expression, qui prend forme. C’est vraiment l’émotion qui est le maitre mot de mon travail.

MLK – L’émotion, on  la voit sur tes tableaux, on a l’impression que tu t’applique à réaliser un visage parfait, et soudain, un vent de folie t’anime, tu t’acharne sur cette représentation… Qu’est-ce qui se passe à ce moment là, à ce moment précis ?

LC – En fait, pour moi, dans mes étapes de travail, je réalise la toile avec beaucoup de spontanéité, d’énergie, de force, dans un temps qui m’amène à forcément terminer la toile lorsque j’ai commencé ce travail de peinture. Vraiment ça se fait sur une journée, ce n’ai pas du temps passé qui est long mais c’est une grosse dose d’énergie et de force.

Je commence par le dessin au fusain, les traits du visage, esquissé très sommairement et ensuite je me focalise uniquement sur le visage. Je traite en premier les détails relatifs à la bouche, le nez et les yeux. Et ensuite vient le travail de la peinture, avec la peau qui n’est fait que par un jeu d’ombres et de lumières. Le mouvement s’accélère peu à peu, je griffe la toile, quelques fois avec un couteau, un couteau de cuisine, ou quelque chose de pointu. Ensuite c’est le pinceau qui se pose assez violement sur la toile, de façon assez violente quand même et je fini par justement l’explosion de couleur avec des projetés maitrisés et à la fois très aléatoires.

MLK – Et tu préfères ton travail appliqué du début de l’œuvre ou celui plus instinctif de la fin de l’œuvre ?

LC – Cette partie de la création est comme l’écriture automatique transposée en peinture, c’est l’inconscient et cet état second qui transforme le portrait. Pour moi, chaque étape à son importance, et ma seule contrainte est de respecter les proportions d’un visage réel, pour un modelé proche de la réalité.

C’est l’unique « stress » et ensuite j’ai entière liberté pour créer les contrastes, le jeu des couleurs, et les projetés. Toute cette ambivalence, maitrise, contraintes, et liberté, le lâcher prise, se joue tout au long de la création. Le moment de la découverte de ce visage, que je viens de créer, de l’expression, de l’émotion qu’elle donne, est la partie que je préfère. La magie de la création, pour moi, elle se situe là.

MLK – Et tu travailles toujours sur des grands formats, tu as besoin d’espace à priori, et c’est ta façon de travailler qui impose ça ou c’est un choix ? Tu as une grande envie de t’exprimer ?

LC – Tout à fait. Je vais traiter des formats qui varient entre 80 cm et des toiles qui vont jusqu’à deux mètres. Et c’est effectivement sur le grand format que j’arrive à m’exprimer le mieux techniquement. Par l’espace de travail plus important qui permet un geste ample et beaucoup plus libéré. Donc effectivement, je préfère travailler sur les visages en grand.

T232MLK – Parfois tu travailles avec un autre artiste sur tes œuvres, comment se passe cette collaboration ?

LC –Oui, c’est une collaboration qui s’appelle Norman. C’est une collaboration assez récente, qui date d’il y a quelques mois. Norman est un ami avant tout et un artiste complet. Lui, travaille aussi bien la calligraphie, et c’est ce pourquoi j’ai fait appel à lui. Le lettrage très divers, arabisant ou plus graphique, noir et blanc, coloré… Il travaille aussi sur la représentation de personnages de comix, il est passionné par ça, il a une imagination vraiment débordante, il foisonne d’idées donc c’est vrai que je me suis tournée vers lui, ça c’est fait naturellement.

Et sur le travail des bandeaux, de la chevelure et aussi sur les fonds, où je lui laisse entière liberté de traitement. C'est-à-dire que moi, je peins la partie du visage, et je lui esquisse la partie bandeaux-cheveux, et je lui laisse carte blanche pour pouvoir traité de la manière dont il a envie ce que le visage lui inspire.

MLK – C’est vraiment une collaboration réussie !

LC – Merci. C’est vrai qu’il a des propositions de lettrage qui sont vraiment intéressants.

MLK – Tes visages sont toujours frais, gais, d’une expression souvent enjouée, pourtant, depuis peu, ils perdent de leurs couleurs pour des tons un peu plus gris. Ça reflète quoi, ça reflète ton état d’âme, qu’est-ce que tu souhaites nous dire ?

LC – Dans mon parcours, cela fait 4 années que je peins, je suis totalement neuve dans la création. C'est-à-dire que je n’avais jamais touché de pinceau avant ces 4 années. Après ça s’inscrit dans une histoire de vie et de maturité aussi. Dans le choix du portrait féminin, c’était une évidence, c’est l’humain qui m’a intéressé. Et puis l’éloge de la femme, de la femme de caractère, donc c’est vrai que faire passer les émotions et les transposer une certaine esthétique, avec beaucoup de couleurs au début, puis des teintes plus rouges et du blanc par la suite, il y a une évolution naturelle de la peinture, de l’esthétique, de la technique, ce soit des choix qui se font comme ça, de façon très inconsciente, c’est vraiment une évolution naturelle. J’ai réalisé un peu près 300 œuvres, depuis que j’ai commencé la penture donc je pense que c’est cet échange extraordinaire entre le créateur, le portrait peint et le spectateur qui est toujours fort en émotion. Les personnes sensibles à ma peinture ressentent avec intensité les émotions qui me sont propres et qui leur appartiennent donc c’est vrai que mes peintures sont un cri, un cri de colère, de tristesse qui s’apaise au fil du temps heureusement. Voilà, ça se transforme en cri d’amour et d’espoir.

C’est vraiment un message du cœur que je transmets. C’est la vie.

MLK – Ton œuvre évolue avec toi, tes impressions…

LC – Complètement, c’est vraiment une projection très personnelle et ensuite ce qui est vraiment passionnant sont les personnes qui s’approprient le portrait. Après au niveau des coloris, et des teintes, c’est aussi pour faire des essais, des petites choses qui évoluent comme ça.

MLK – Ton travail évolue et c’est vrai que tu fais parti des artistes qui ne s’arrêtent pas à un technique.

LC – Non, parce que je n’ai jamais appris de technique donc elle m’est propre et elle évolue seule.

MLK – Lucile je te remercie pour ces quelques minutes passées ensemble. A très bientôt. 

»

Et puis le portrait qui était rareté, caractéristique d’un rang social, ce démocratise avec l’essor de la photographie, dans les années 1850. La représentation photographique vient apporter un nouveau regard sur l’image de soi.

La rareté qui faisait la valeur d’une image est interrogée par sa multiplication à l’infini sur la Mona Lisa d’Andy Warhol. Mais la reproduction c’est également ce qui permet l’accès au plus grand nombre comme autrefois la naissance de l’imprimerie a permis une plus large diffusion.

Warhol disait à propos de sa Joconde : "L'art, c'est déjà de la publicité. La Joconde aurait pu servir de support à une marque de chocolat, à Coca-Cola ou à tout autre chose.". Il n’y a pas de place pour l’Histoire ; je n’ai pas de mémoire dira Warhol. Il fut le portraitiste de notre société capitaliste.

La photographie de portrait est très populaire au XXème siècle, les gens aiment regarder les autres.

Par exemple, Diane Arbus (1923 – 1971) se spécialisait dans la photographie de personnes marginales (géants, nains travestis, nudistes, d’apparence hideuse).  Elle est devenue mieux connu sous le pseudonyme de photographe des monstres, nom qu’elle méprisait.

Annie Leibovitz née en 1949  a commencé sa carrière comme photographe pour le magazine Rolling Stone.  Seulement trois an plus tard, elle était rendue photographe en chef pour la même publication. Son  cliché le plus notoire de la célèbre photographe est probablement celui de John Lennon et Yoko Ono, cinq heure avant qu’il ne soit abattu par balle

Elle a aussi publié un livre de portrait féminin intitulé « Women ».  Autre portrait célèbre, Meryl Streep, Whoopi Goldberg et Sting.

Aujourd’hui, les artistes portraitistes sont plus dans la recherche des sentiments et de l’émotion dans leurs œuvres.

C’est le cas par exemple du peintre Hom Nguyen, artiste fasciné par le visage humain. Qui après s’être fait un nom, dans le petit monde des maisons de luxe, décide de changer de support et de renouer avec ses passions de toujours : le dessin et la peinture. La sienne - alors qu’il est totalement autodidacte - rappelle par ses traits rageurs et ses amas de matière, le grand Jackson Pollock.

Voilà, nous arrivons à la fin de Art Zen.

A bientôt, et restez zen !

  • Site de Lucile CALLEGARI : http://www.lucile.callegari.fr/
  • Son facebook : https://www.facebook.com/lucilecallegari.fr/?fref=ts

  • Ses prochaines expositions
    -  Galerie Philippe Dubois & Patrice Vigneron - Du lundi 16 mars 2015 au jeudi 31 mars 2016 - Saint Ouen (93)
    - "ART DI’VIN" INSEEC Oenologie - Le mercredi 16 mars 2016 - La Faïencerie à Bordeaux (33)
    - Salon ART3f Lyon - Du vendredi 1er avril 2016 au dimanche 3 avril 2016 - Lyon
    - Salon ART BASTILLE / GMAC - Automne & Printemps / 2 sessions - Du jeudi 28 avril 2016 au lundi 2 mai 2016 - Paris

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"NEW EVE" - Lucile CALLEGARI - 2016

Première photographie : "EYES CLOSED" - Lucile CALLEGARI - 2016

Seconde photographie : "T232" - Lucile CALLEGARI et Norman - 2015


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