ART ZEN - Emission radio RVM - Le dixième art

Masque titre tatoutage

Le dixième art

La dernière étude réalisée par l’ifop en 2010 nous apprend que 10% de la population de l'Hexagone est piquée de pigments.

Le "dixième art" gagne ses galons et sort des clichés : d'une représentation de la marginalité, il est devenu choix artistique, démonstration de personnalité ou petit secret intime.

Le tatouage

Emission du 6 avril 2016 sur la radio RVM 93.7 

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Bonjour et bienvenue à l’écoute de cette émission : Art Zen

Et si l’on parlait aujourd’hui du 10ème art… Vous ne savez pas ce qu’est le 10ème art ?...

Lorsque l’on parle de tatouage, on parle aussi bien de dessin intradermique que de tous types de mutilations du corps.

image1On ne peu situer clairement la naissance des premiers tatouages. Le plus vieil exemple de tatouage a été découvert dans les Alpes Italiennes. Sur un corps momifié d’un chasseur néolithique piégé dans le glacier de SIMILAUN, datant de 5300 av. J.-C. a été relevé la présence de petits signes très stylisés et schématiques. A priori ces tatouages avaient été pratiqués dans un but médical et avaient une fonction thérapeutique, car situés au niveau des articulations et pouvant donc avoir un effet sur l’arthrose.

En Egypte, sur une momie de 2200 av. J.-C., le corps était entièrement tatoué de motifs décoratifs, mais ayant un but plutôt sacré et religieux.

En Asie centrale une autre momie datant de 500 av. J.-C. offrait, elle, des représentations de créatures imaginaires.

C’est en Polynésie que le tatouage s’est le plus développé. Il marquait généralement l’appartenance à un rang social élevé. Par exemple, chez les Areoïs, la classe la plus élevée, est nommée “jambes tatouées”, la deuxième “bras tatoués”, la troisième “flancs tatoués”…

La pratique du tatouage dans ces cultures avait pour but de renforcer la fécondité et les liens avec le surnaturel et le sacré. En Polynésie, le tatouage est considéré comme le baptême de l’enfant.

Dans les Iles Marquises, les tatouages qui y sont effectués sont essentiellement d’ordre esthétique. L’instrument utilisé pour tatouer était un manche de bois (souvent du bambou) sur lequel on fixait des objets les plus divers tel qu’un os d’oiseau, un morceau de nacre, des dents de poisson… Le tatoueur tapait sur cet outil à l’aide d’un petit marteau pour faciliter la pénétration dans la peau. Le colorant était fait à partir de noir de fumée tiré de la noix de Bancoulier (arbre qui pousse dans les îles pacifiques), puis mélangé à de l’eau.

En Nouvelle-Zélande le tatouage est inséparable du mariage, de ce fait la jeune fille se doit d’être belle en se tatouant le visage. De même, pour l’homme le tatouage est un élément de séduction. Chez la femme Maori, le tatouage avait également selon la culture locale un pouvoir érotique.

Il en était tout autre au Japon au 5 ème siècle, car contrairement aux Maoris, le tatouage au Japon, servait à punir les criminels au même titre que le fait de couper une main ou une oreille. Il avait pour but de marquer l’individu à vie.

Au 17 ème siècle, les prostituées se tatouaient elles-mêmes sur le bras, le dos de la main, la poitrine ou le visage.

C’est donc par cette double pratique (celle du criminel et de la prostituée) que le tatouage a été assimilé aux mauvaises mœurs de la société japonaise. D’où également le mépris des classes supérieures pour ce style ornemental.

Le tatouage au Japon connut son apogée entre le 17 ème et le 19 ème siècle grâce à un roman chinois du 14 ème siècle intitulé “Au bord de l’eau”, dont les héros étaient tatoués de la tête aux pieds. Par la suite, les hommes dont le métier était difficile (pompier, charpentiers…) décidèrent de se faire tatouer. Ils abordèrent alors des tatouages symbolisant des animaux connus pour leur virilité tel que le lion, le tigre, le coq…

Les motifs des tatouages japonais sont essentiellement figuratifs, tels que fleurs (surtout la chrysanthème qui est la fleur nationale), paysages, animaux (poisson, chat papillon…).

L’un des principaux colorants utilisés est bien évidemment l’encre de Chine, mais aussi le vermillon. Les aiguilles utilisées sont en acier et fixées à un manche en os à l’aide d’un fil de soie.Tatouage tete de tigre sur le bras un animal aux yeux d un vert penetrant 146607 w620

En Chine a été établi que le tatouage, à la différence d’autres cultures où il revêt un caractère sacré ou de noblesse, était une pratique populaire.

En Chine, le tatouage figurait parmi les cinq punitions aux côtés de la mort, de la castration, de l’amputation du nez et des pieds. Le tatouage fonctionne alors comme une marque humiliante et comme une indication publique et facilement discernable ; strictement codifié, il varie de région en région.

En Egypte, la pratique du tatouage remonte très loin dans le temps, les momies tatouées connues dateraient de 2000 av. JC. Des hypothèses concernant cette pratique sont envisagées tel que des buts esthétiques, magiques ou superstitieux ou encore médicaux, c’est-à-dire préventif ou curatif.

Pour se faire, le tatoueur utilise des aiguilles, le colorant est un mélange de noir de fumée et de lait de femme.

En Afrique du Nord le tatouage existerait depuis 3000 ans av. JC. Ces tatouages avaient une valeur rituelle et protectrice.

Les motifs les plus fréquemment représentés sont les croissants, les lignes verticales et les losanges, ils étaient disposés essentiellement sur le visage.

Bien que cette pratique soit très ancienne, l’Islam condamne le tatouage (aussi bien ceux qui s’y soumettent que celui qui le fait). Selon le Coran, rien ne doit modifier la création de Dieu sous peine d’être un “allié” de Satan.

Néanmoins, malgré l’interdiction religieuse le tatouage reste très répandu ; le passé et ses coutumes prenant le dessus sur l’interdit. Pour parer à cet interdit, il existe également un tatouage qui se veut éphémère, c’est le tatouage au henné que les femmes se font sur les pieds et les mains.

En Algérie, le tatouage est d’une couleur bleue foncée, et représente des croix, des lignes, des points.

Le tatouage nord-africain n’est pas une marque tribale, mais servait à différencier les classes sociales. En fait, le tatouage est autant décoratif que médical.

En Afrique Noire, le tatouage est essentiellement tribal et effectué par scarifications. C’est un embellissement et aussi un vêtement.

Le tatouage et la scarification en Afrique Noire sont revendicateurs des rites d’initiation. Ils peuvent accompagner le fait d’appartenir à une communauté, marquer le passage d’un état à un autre (celui d’enfant à adolescent ou d’adolescent à adulte).

Toutes ces agressions corporelles vont fortifier la personnalité de celui qui les subies, et augmenter ses forces vitales.

Le tatouage en Amérique serait arrivé d’Asie entre 5000 et 1500 av. JC. Il était très répandu sur toute l’Amérique surtout chez les Indiens.

Il semblerait qu’il y a 2000 ans av JC, le tatouage et la peinture corporelle remplaçaient l’habillement. De plus, ils indiquaient l’appartenance à une tribu, le rang social, les actes de guerre et de chasse accomplis.

Le tatouage était l’apanage des prêtres qui revêtaient également les fonctions d’astronomes, de médecins… Ils portaient comme tatouage des scènes religieuses et spirituelles.

Le tatouage est plutôt remplacé par les scarifications qui sont un signe de courage car très douloureux. “Plus on était tatoué, plus on était jugé brave et vaillant”.

Mais qu’en est-il chez nous ?

En 1924, en Sibérie, des corps datant de 520 av. J.-C. furent découverts, dont l’un d’eux avait le bras entièrement tatoué de figures fantastiques (tel qu’un animal regroupant : tigre, cerf, aigle et serpent). Sur la jambe droite il y avait un poisson partant de la cheville au genou.
L’hypothèse soutenue est que ces tatouages seraient une marque de courage, de noblesse, un signe protecteur ou tout simplement une décoration.

Les Romains, eux, utilisaient le tatouage pour marquer les soldats de la légion Romaines. Le motif représentait un aigle et le nom du général.

En Grèce, ce sont les esclaves qui portaient le nom de leur maître.

Mais, l’histoire du tatouage en Europe est assez floue, cette pratique se serait éteinte au Moyen-âge suite à la condamnation de l’Eglise qui considérait le tatouage comme une marque du démon. Le tatouage a été interdit par le Pape Adrien 1er en 787, mais comme pour la religion Islamique, cette interdiction ne résista pas à la coutume. Même si les textes bibliques sont précis sur cette pratique, ils n’en sont pas pour autant dénoués de paradoxes, et les adeptes ont eu vite fait de controverser cette condamnation.
Ce qui n’empêchera pas le tatouage de réapparaître au XVIIIe siècle grâce aux navigateurs qui vont ramener de leurs expéditions à travers le monde des souvenirs inscrits à jamais sur leur propre chair….

Mais aujourd’hui, comment se passe l’art du tatouage ?

La dernière étude réalisée par l’ifop en 2010 nous apprend que 10% de la population de l'Hexagone est piquée de pigments.

Quand le Mondial du tatouage parisien renaît, en 2013 ce salon attirait 15.000 personnes. Deux éditions plus tard, ce fut le double ! Dans les travées 340 artistes c’étaient installés. Cette convention déjà mythique est donc devenue l’une des plus prestigieuses du monde, avec environ 32 000 visiteurs venus de France et des quatre coins de la planète en 2015.

Le "dixième art" gagne ses galons et sort des clichés : d'une représentation de la marginalité, il est devenu choix artistique, démonstration de personnalité ou petit secret intime.

Selon Tin-tin, le célèbre tatoueur français et fondateur du « Mondial », l’art du tatouage est devenu aussi populaire aujourd’hui parce qu’il y a beaucoup de tatoueurs qui ont fait du joli travail et qui ont tout fait pour que le tatouage devienne populaire. Ça a marché ! Le tatouage était marginal à une époque dans certaines cultures alors qu’il était très populaire ailleurs. C’était même l’apanage des rois et des reines dans certains pays. Dans notre antériorité proche, c’était effectivement moins bien vu il y a 30 ans ou 40 ans qu’aujourd’hui. Je ne crois pas que ce soit un effet de mode, la mode c’est éphémère et le tatouage est permanent. Il n’y pas plus antinomique. »

C’est dans la tranche des 25-34 ans que l’on trouve aujourd’hui le plus d’adeptes. Inversement, chez les plus de 50 ans, ils ne sont que 5% à revendiquer un tatouage, et 1% passé les 64 ans. 

Quant aux endroits destinés à recevoir les traits du tatoueur, il s'agit toujours de préférence de parties du corps faciles à dissimuler. Le bras est la destination favorite de 37% des tatoués. Juste après, on note le haut du dos et les épaules, avec 35%. A l'inverse, ils ne sont que 1% à avoir choisi la main, un endroit très visible.

image2Le tatouage est paritaire: 9% des Françaises et 11% des Français sont tatoués.

Et comme dans toute forme d’art, le tatouage n’échappe pas aux recherches créatives. La dernière innovation en date se trouve dans le tatouage à l’encre blanche qui donne un effet de cicatrices. Personnellement, je trouve très joli les effets de dentelles.

Mais certains décrient cette technique qui peut avoir des effets pervers : l’encre blanche n’est pas très bonne pour le corps, beaucoup de tatoueurs professionnels ne le recommandent.

Avec l’encre blanche, l’aspect visuel de tatouage ressemble à une demi-teinte et vous risquez de ne pas le garder à vie et l’encre blanche finit parfois par ressembler à une maladie de peau. Certaines encres jaunissent ou deviennent verdâtres.

Votre peau est précieuse, réfléchissez avant de vous lancer…

Voilà, nous arrivons à la fin de Art Zen.

C’était Marie-Laure KÖNIG et Lilou pour RVM sur 93.7

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