ART ZEN - Emission radio RVM - La photographie numérique

Photo numerique

La photographie numérique

Voici un petit historique de la photographie pour finir sur la photographie numérique. Comment cela fonctionne t'il ?

Puis nous retrouverons Haïlwidis qui nous parlera de sa passion au travers de ses autoportraits.

La photographie numérique

Emission du 22 juin 2016 sur la radio RVM 93.7 

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Flechehaut Ecoute de l'émission

Lecture de l'émission Flechebas

Bonjour et bienvenue à l’écoute de cette émission : Art Zen.

Aujourd’hui je vous ouvre mon second opus sur la photographie. Après la photographie animalière, je vais vous parler de la photographie numérique.

Mais avant, on va faire un petit tour dans le passé…

4 siècles avant J.C, Aristote, philosophe grec, découvre que la lumière entrant dans une pièce sombre par un petit trou projette sur le mur d’en face l’image inversée des objets placés devant l’orifice, il appela ce phénomène « la camera obscura ».

Puis au Moyen Age, Des alchimistes constatent que les sels d’argent exposés à la lumière noircissent. Plus tard ces mêmes sels d’argent seront utilisés comme surface sensible dans la fabrication des films (ou pellicules photo)

En 1100, Le savant naturaliste Hassan ibn al Haitham (mathématicien arabe) décrit le principe de la chambre noire et précise que l’image sera d’autant plus nette que l’ouverture est petite.

En 1515, Léonard de Vinci revient sur la « caméra obscura ». Il transforme cette « caméra obscura » d’Aristote en chambre noire.   Il s’agit d’une boite fermée, la lumière entre par un petit trou, le sténopé, et les rayons lumineux dessinent sur un des côtés l’image inversée face au petit trou. C’est un appareil portatif, le début de l’appareil photo mais sans pellicule.

En 1540, Jérôme Cardan met une lentille à la place du trou et ajoute un miroir qui redresse l’image sur une plaque de verre. Ainsi on peut copier l’image sur un calque.
 
 
 

En 1650, La chambre noire devient portable et compte des lentilles de différentes distances focales; à cette époque, elle servait principalement aux dessinateurs.

 

En 1727, Johann Heinrich Schulze découvre que la lumière noircit certains composés d’argent.

En 1822, Nicéphore Niepce, un français prend sa première photo. En 1827 il photographia le paysage à partir de sa fenêtre. La surface sensible était une plaque de bitume qui réagissait à la lumière

En 1831, Jacques Daguerre, réalisa ses premières images sur des plaques de cuivre recouvertes d’une couche photosensible d’iodure d’argent (de sels d’argent d’où le nom d’argentique.). Soumises à des vapeurs de mercure, une image positive était ensuite fixée grâce à du sel marin.

En 1835, William Talbot, par contre, développa la technique négatif - positif que nous connaissons aujourd’hui. Ce qui rendit possible le tirage d’un grand nombre de reproductions à partir d’une photo prise une fois. William Henry Fox Talbot réalisa le premier négatif de l’histoire. C’est en 1839 qu’il mit au point ce procédé, qui prit le nom de « calotype »

Puis apparurent différents procédés : photographie sur verre, sur pellicule faite d’une longue bande de papier recouverte d’une émulsion sensible, sur un support pellicule souple et transparent sous forme d’un ruban de nitrate de cellulose, et à La fin du 19ème siècle, la première période de la photographie s’achève et laisse place à l’accroissement des photographes amateurs grâce à l’invention du rouleau de pellicule.

 

La photographie était encore en noir et blanc.

En 1903, Les frères LUMIERE inventent l’"autochrome". Plaques à base de fécule de pomme de terre teintées aux 3 couleurs fondamentales, mises en vente en 1907, seul procédé utilisé par les amateurs jusqu’en 1940 exigeant des temps de pose de plusieurs secondes.

En 1935, L’apparition de la pellicule couleur Kodachrome et 1936, celle de la pellicule Agfa color. Toutes deux permettant d’obtenir des diapositives, elles ont marqué le début de la grande renommée des pellicules couleurs.

 

1942 : commercialisation des négatifs couleurs Kodacolor contribuèrent à rendre la photographie couleur encore plus populaire.

 

1947 : Edwin H. Land réussi à mettre au point l’appareil Polaroid Land, permettait d’obtenir en quelques secondes une épreuve positive sur papier.

 

1960 : Production du premier hologramme.

 

1963 : Eclosion du premier "Polaroid" couleur et apparition de l’appareil " Instamatic 50 " de Kodak.

 

1968 : Fabrication des premiers appareils reflex à contrôle automatique et prise de la première photo de la Terre, vue de la Lune (Appolo 8).

1978 : Invention du premier appareil auto-focus (Konica).

 

1984 : Création de la première caméra électronique compacte.

 

Et 1990 : Naissance du premier appareil numérique sans film.

On a donc remplacé la pellicule par un capteur composé de pixels sensibles à la lumière. Aujourd’hui le numérique a inonder le marché laissant nos bonnes vieilles pellicules au placard.

Il existe aujourd’hui de toutes les sortes d’appareils numériques et de tous les formats. Nous avons les ultra-compacts, tous petits, les compacts qui sont en général plus performants, puis les appareils réflex utilisés par les professionnels car avec eux, on peut changer les objectifs et même les équiper de télé-objectifs. Et nous avons le bridge qui est un appareil intermédiaire entre le compact et le réflex.

Img 1376Pour la lumière, sur les appareils argentiques on utilisait des pellicules avec des ISO différentes en fonction de la lumière. 50 ou 100 ISO pour une bonne lumière, 400 ISO pour un espace plus sombre par exemple. En fait moins il y a de lumière plus le capteur doit être sensible. Ce qui nous obligeait à l’époque à adapter notre pellicule en fonction des photographies que l’on voulait. Si l’on souhaitait prendre des photos de nuit, il fallait utiliser une pellicule entière pour des photos de nuit ou placer des petits cubes « flash » dont on ne pouvait se servir que 4 fois. Aujourd’hui avec le numérique, on règle l’ISO pour une photographie, pas de gaspillage ! D’ailleurs aujourd’hui certains appareils vont jusqu’à 1600 voir 3200 iso. C’est pratique lorsqu’il y a très peu de lumière mais attention en augmentant la sensibilité des parasites sur l’image, c’est ce que l’on appel « du bruit ».

Il ne faut pas oublier non plus de régler la quantité de lumière qui rentre dans l’appareil. C’est ce que l’on appel le réglage de l’ouverture : de diaphragme.  Le diaphragme est un iris qui s’ouvre plus ou moins ce qui permet de faire entrer plus ou moins de lumière. Si l’on ouvre trop le diaphragme là où il y a déjà beaucoup de lumière, il y a de fortes chances pour que la photo soit surexposée. A l’inverse elle sera sous-exposée et donc très sombre puisque l’on n’a pas laissé entrer suffisamment de lumière.

Nous avons également la vitesse d’obturation… c’est le temps de pose où l’on prend la photo. Plus il y a de lumière et plus la vitesse d’obturation doit être courte, sans quoi, sur un objet en mouvement par exemple, vous aurez des trainées derrière l’objet. A contrario pour les photos de nuit il convient de laisser un temps de pose plus long.

Nous parlons aussi de profondeur de champs. Le premier plan est net sur un fond flou par exemple… la profondeur de champs varie en fonction de la longueur focale de l’objectif. Avec un objectif grand angle, nous aurons une grande profondeur de champs c’est à dire de la netteté sur une plus grande profondeur (la distance qui sépare le sujet principal du fond). Par exemple sur un télé-objectif de 300 mm on aura une profondeur de champs plus réduite, donc le fond sera flou ce qui est très bien par exemple pour les portraits (sur un fond flou, toute l’attention va sur le portrait.)

Sur les appareils numériques, les capteurs sont constitués de plusieurs millions de pixels. Ces pixels sont des petites cellules fabriquées à base de silicium qui est un matériau semi-conducteur. Quand la lumière frappe un pixel, l’énergie lumineuse libère des électrons, particules qui gravitent autour du noyau d’un atome, l’élément de base qui constitue la matière. Plus la quantité de lumière reçue par un pixel est importante, plus les électrons libérés sont nombreux. Or des électrons qui circulent c’est un courant électrique. L’intensité de ce courant électrique qui correspond à une intensité lumineuse va être mesurée. Puis cette valeur est numérisée, transformée en code binaire (des 0 et des 1). Ce code binaire qui correspond à l’intensité lumineuse captée par un pixel et qui est compatible avec un ordinateur. Ce qui va permettre de reconstituer l’intensité lumineuse d’un pixel au niveau de l’image.

Mais le silicium n’est pas sensible à la couleur. Par conséquent le capteur à été recouvert de plusieurs filtres. Certains pixels sont recouverts d’un filtre rouge, il ne capte que les composantes rouges réfléchies par l’objet que l’on photographie. D’autres par un filtre bleu puis un filtre vert. Avec ces trois couleurs primaires : rouge, vert, bleu (couleurs primaires de la lumière), en les mélangeant et en les dosant différemment on peu reconstituer toutes les couleurs de l’arc en ciel. Par conséquent, en mélangeant les niveaux de rouge, de bleu et de vert captés par trois pixels, on peut reconstituer la couleur de n’importa quel point de l’objet que l’on photographie.

Moins il y a de pixel, moins la photographies sera lourde, c'est-à-dire que le fichier sera moins conséquent, pratique si on veut envoyer la photo par mail. On parle donc de résolution de la photo. Par contre si on souhaite l’imprimée mieux vaux plus de pixels car la photographie sera plus haute en définition, donc, plus nette. Par exemple pour une photo de 10 par 15 cm il faut 2 millions de pixels, une photo de 30 par 45 cm aura besoin de 8 millions de pixels.

Interview Haïlwidis

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MLK – Bonjour Haïlwidis, vous êtes jeune, vous quittez tout juste les 12316624 1517072075267586 195888711379957721 nbancs des beaux arts, qu’est-ce qui vous a fait pencher plutôt vers la photographie dans votre art ?

H – En fait je me suis toujours intéressée à  l’image, sous toutes ses formes, le dessin, la photo, le cinéma. Et je me suis intéressée à la photo assez jeune, je devais avoir 13 ou 14 ans. Je prenais de photos, surtout des fleurs, des paysages. Un peu plus tard, vers 15, 16 ans j’ai commencé à faire des autoportraits et à prendre d’autres personnes en photo. Je faisais beaucoup de noir et blanc aussi, je m’intéressais à la lumière, aux couleurs. Une fois à la fac, on a eu quelques cours de photo, mais la formation était beaucoup plus basée sur le dessin et les arts plastiques, donc c’était un peu secondaire.

MLK – Quand vous êtes entrée dans les beaux-arts, vous pensiez photo tout de suite ?

H – Non, je pensais vraiment « arts-plastiques » car comme je dessinais aussi beaucoup, dans la même période je faisais photo et dessin, je n’avais pas vraiment de préférence pour l’un ou pour l’autre. Je me suis dirigée vers les arts-plastiques parce que les arts plastiques m’intéressaient ? Je me suis aussi toujours intéressée à la photo parallèlement, et là, quand je suis rentrée dans mon école de cinéma, j’ai vraiment pu me pencher sur la technique, comme en école de cinéma on apprend aussi la technique des caméras.

MLK – En fait vous êtes toujours étudiante ?

H – Oui, mais j’essais un petit peu d’exposer à droite à gauche, de diffuser une peu. Là c’est sûr que je ne me considère pas comme professionnelle, je suis amateur, mais c’est vraiment devenu une passion qui a prit le pas sur les autres arts.

MLK – Comment on pourrait nommer le style de photographies que vous effectuez ?

H – Je ne dirais pas que j’ai un style en particulier, parce que je vais prendre des photos de ce qui va m’inspirer, donc ça peu être autant la nature que l’être humain et j’aime beaucoup prendre des photos prises sur le vif. Et je fais aussi à côté de ça des photos beaucoup plus classiques, de portraits beaucoup plus classiques.

MLK – D’accord, vous faites des photos posées ?

H – Je fais aussi beaucoup d’autoportraits, et dans ces cas là ça peut être complètement expérimental.

MLK – Et comment vous faites les autoportraits ? Vous mettez votre appareil sur pied, comment ça se passe ?

H – Oui, généralement je mets mon appareil sur pied, je me repère pour le point, je prends des repères dans le paysage où je fais des marques. Mais du coup c’est très long, il y a beaucoup de ratés aussi.

MLK – Alors quelles sont les difficultés pour effectuer ce type de photos ?

H – Bien, pour les autoportraits, comme on est à la fois photographe et modèle, c’est difficile d’avoir des choses réussies. Il m’arrive de faire une séance d’autoportraits et de n’avoir absolument rien d’exploitable. C’est long et c’est compliqué. Mais c’est ce qui me permet d’expérimenter beaucoup en photo.

MLK – Et ça vous arrive d’avoir de jolies photos mais que vous les retouchiez ?

H – En fait, oui, je fais des retouches. Mais c’est vraiment dans la continuité de travail d’expérimentation dans ces cas là. Je peux arriver à pousser les couleurs vraiment à fond et pour avoir un résultat particulier, il y a des photos qui sont à la limite entre la photo et la peinture. Je fais aussi beaucoup de poses longues et dans ces cas là, j’essais de renforcer des trais en production, de sortir des couleurs qui ne sont pas forcément sur la photo de base. Ce sont des expérimentations, et après je garde ou je jette.

MLK – A part votre appareil photographique vous utilisez quoi comme matériel ? Vous utilisez un matériel spécifique, des lampes…

Img 33762H – Je préfère travailler en lumière naturelle, ce qui peut être aussi une contrainte et je ne travaille pas, pour l’instant du moins, avec des lumières en plus. Et à part mon appareil numérique, j’ai aussi un argentique, un instantané et j’ai une petite caméra aussi avec laquelle je fais quelques prises de vues et que j’utiliserai pour quelques projets futurs.

MLK – J’ai effectué une autre interview avec un photographe animalier, quelles seraient pour vous les grandes différences avec votre pratique photographique et la pratique d’un photographe animalier ?

H – Je pense déjà que ça ne s’aborde pas du tout de la même façon. Pour la photographie animalière, c’est beaucoup, beaucoup d’attente, généralement on n’a pas énormément d’essais pour avoir une bonne photo sur des animaux qui vivent leur vie en fait. Au niveau du matériel pour les photographies animalières, c’est plutôt téléobjectif. Alors que pour la photo que je fais moi, sur des autoportraits ou des portraits on a surtout un numérique maintenant, avec lequel on fait plusieurs essais, jusqu’à ce que l’on ait le résultat qui nous convienne. C’est deux pratiques complètement différentes.

MLK – C’est de la persévérance mais pas dans le même instant. Est-ce que vous avez quelque chose à dire à nos auditeurs ?

H – Je fais une exposition en juillet à Compiègne, chez Hutin…, pour les curieux qui seraient intéressés de voir mon travail.

MLK – Donc Hutin, c’est un magasin qui se trouve à côté de l’hôtel de ville c’est ça ?

H – C’est ça oui.

MLK – Et vous avez les dates ?

H – C’est tout le mois de juillet.

MLK – On va transmettre le message. Merci Haïlwidis pour ces quelques moments passés ensemble. Et je vous souhaite bonne chance et espère vous retrouver bientôt sur des expositions. 

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L’avantage du numérique est que l’on peut retoucher ses photos grâce à des logiciels où pour cacher des imperfections ou comme Haïlwidis pour sublimer la photographie ou aller vers autre chose, ce qui s’apparente à un travail d’artiste.

Et si vous n’avez rien compris à tout cela, vous pouvez toujours utiliser votre smartphone qui est et sera de plus en plus performant !

Quelques petites astuces : pour bien cadrer il ne faut pas forcément mettre le sujet au centre. Il faut imaginer que votre cadre est divisé en trois à la verticale et en trois à l’horizontale là où se croise ces lignes, placez les objets principaux.  Sur un paysage, ne mettez pas l’horizon au milieu mais plutôt vers le haut ou vers le bas selon ce que vous voulez mettre en valeur. Et pour un portrait, pensez à mettre de l’air devant le regard. Pour avoir une bonne photo, un bon cadrage est essentiel.

Voilà, nous arrivons à la fin de Art Zen.

C’était Marie-Laure KÖNIG pour RVM sur 93.7

Le site de Haïlwidis : https://hailwidis.wordpress.com/

Son facebook : Hailwidis

Article illustré par les photographies d'Haïlwidis

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