ART ZEN - Emission radio RVM - La photographie animalière

Photo animaliere

La photographie animalière

Pour mieux comprendre la photographie animalière.

Quelques conseils de notre photographe National, enfin, Isarien, enfin Crépynois...

 

La photographie animalière

Emission du 8 juin 2016 sur la radio RVM 93.7 

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En podcast sur le site de RVM : https://www.radio-valois-multien.fr/emissions/art-zen

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Lecture de l'émission Flechebas

 

Bonjour et bienvenue à l’écoute de cette émission : Art Zen. Aujourd’hui nous allons flirter avec la nature et parler de la photographie animalière.

La photographie animalière est réputée pour être difficile. Comme tout type de photographie par ailleurs. Immortaliser les personnes dans la rue ou travailler en studio demande autant de compétences que de photographier la faune sauvage.

12990886 1775034742708019 7315581641950027427 nLa photographie animalière semble être avant tout une passion. Un passion pour la photographie mais surtout pour la nature. Car pour voler son image à un animal il faut d’abord bien le connaître.

On ne photographie pas un renard comme on photographie un cerf ou un blaireau… De même qu’un oiseau, un amphibien ou un mammifère.

Il vous faut penser nature avant de penser photo, il faut connaître toute la flore (pour les pistes) et la faune de la forêt, des bocages ou des plaines.

Il faut connaître sa vie sociale, est-ce que c’est un animal diurne ou nocturne, de quoi se nourrit-il, est-ce que son odorat ou son ouïe sont développées, est-ce que c’est un animal chassé, est-ce un animal dangereux…

Autant de question qui vous permettrons de savoir ou, quand et comment le photographier.

Aussi posez-vous la question du temps : entre le moment où vous vous rencarderez sur l’animal, où vous préparerez votre matériel, où vous irez sur le site, où vous trouverez le lieu idéal pour l’affut (ou pas), où vous vous installerez et où vous attendrez, où vous attendrez, où vous attendrez et où vous prendrez votre photographie (ou pas) en espérant que la prise de vue soit bonne… Et puis ensuite il faudra remballer votre matériel (photographique mais pas que… ah, je ne vous ai pas parlé des filets de camouflages, de la tente, de votre bouteille isotherme pour le café, de votre « fantôme des bois » sorte de déguisement de fantôme en couleur de camouflage…), et enfin vous rentrer chez vous avec je l’espère au moins un cliché !

Vous l’aurez compris, pour la photographie animalière en milieu naturel il faut être patient… Il faut être patient au moment de la prise de vue. Ne pas se précipitez surtout pas quand le sujet est là ! Surtout ne  pas saccager cette attente en appuyant sur le déclencheur en mode rafale. La fuite sera systématique. Prenant le temps d’attendre. Encore et encore.

Aussi il faut bouger lentement, respirer doucement, prendre conscience de chacun de ses pas et ne pas faire de bruit… Encore que parfois, d’excellentes photos sont réalisées lorsque les sujets connaissent la présence du photographe. Pourquoi ? Tout simplement pour attirer l’attention vers l’appareil obtenir une attitude intéressante. Mais là encore, tout dépend de l’animal, de sa dangerosité, de son flegme ou de sa peur.

De même on n’avance pas tout droit vers l’animal qui se sentira en danger. Il est préférable de faire des zig-zag sans le regarder dans les yeux.

Au niveau du matériel photographique, son choix pourra avoir une influence considérable sur les probabilités de réussite d'un affût ou d'une approche. Chaque modèle de boîtier possède ses propres caractéristiques, et chaque animal ses sensibilités. Un boîtier silencieux sera par exemple privilégié quand vous tenterez des approches sur les grands mammifères, très chatouilleux sur les bruits inhabituels dans leur environnement, tandis qu'un appareil très rapide en rafale sera préféré pour réaliser des photographies d'oiseaux marins en vol.

Le téléobjectif est important car certains animaux subissent une pression permanente ce qui rend la distance de fuite importante. De même un téléobjectif avec une grande ouverture est nécessaire car les photographies son souvent prises en milieu ombragé.

Mais je vous rappelle mon premier conseil : connaître et étudier les espèces que l'on photographie sans croire ni penser que c'est le matériel qui fait la photographie. Une fois les connaissances acquises et un grand respect pour la nature on peut alors investir dans un matériel adapté et les résultats suivront même avec du petit matériel.

Avec l'avènement des loisirs « verts » et l’engouement du retour aux sources, il est de plus en plus facile de trouver du matériel spécialisé pour le camouflage et à des prix de plus en plus abordables. Fini les habits neutres ou des surplus de l'armée, on trouve désormais des tenues de camouflage très efficaces avec des tissus de dernière génération, imperméables, respirant et surtout silencieux.

Voyons ce que nous dit Ludo nature et vie au sujet de la photographie animalière…

« 

MLK – Bonjour Ludo

LL – Bonjour

MLK – On te connaît plus sous le nom de « Ludo nature et vie »

LL – C’est ça, oui, sur ma page facebook tout à fait.

MLK – Tout d’abord merci de nous consacrer un petit peu de ton temps. Tu es chasseur d’images et ton lieu de prédilection est la nature, la forêt de Compiègne…

LL – Tout a fait, toutes les forêts de Picardie, la campagne, où toute la vie sauvage, vit tout simplement.

MLK – Et depuis combien de temps tu fais de la photo ?12742515 1755852964626197 8337477377577226885 n

LL – ça fait 3 ans que je fais vraiment et principalement de la photo animalière. Avant j’avais une petite caméra toute classique.

MLK – Tu n’as pas choisi la facilité avec la photographie animalière ?

LL – Non c’est sûr que c’est une discipline photographie qui est assez complexe parce que l’on est pas maitre des sujets que l’on photographie. On doit s’adapter avant tout, c’est eux qui décident, ce n’est pas le photographe qui décide quel plan prendre, d’où la difficulté. Mais c’est ce qui est passionnant par rapport à cette discipline photographique.

MLK – Tu donnerais quoi comme conseils à quelqu’un qui souhaiterait se lancer dans ce type de photographie ?

LL – Déjà, avoir beaucoup de patience, il faut être obstiné, très obstiné parce que naturellement les animaux ne sont pas forcément toujours au rendez-vous. Avant de se lancer dans la photographie animalière il faut avoir une grosse connaissance des animaux, des lieux, connaître leur vie. Les animaux ont également leurs habitudes, leurs endroits, leurs passages. Par rapport à tel ou tel endroit, soit de forêt, soit de plaine, on va trouver tels ou tels animaux, donc il y a toute une connaissance à avoir autour de ça, et après, quand on commence à connaître un peu les habitudes de nos amis les animaux, on s’adapte et avec un peu de chance… Surtout de la chance parce qu’avec la photographie animalière, c’est 80% de chance et juste 20% de savoir faire.

MLK – Donc tu pistes les animaux un petit peu…

LL – Bien c’est ça. Depuis enfant je suis passionné par la forêt. J’ai rencontré à l’époque d’ailleurs une personne qui est toujours ma meilleure amie,  qui en maternelle, avec sa maman, m’a emmener faire un tour en forêt pour connaître les lieux, qui m’ont emmené pendant la période du brame du cerf et je me suis dit « ça c’est ce que j’aime ». Et c’est parti. Et puis j’ai progressé, j’ai appris à aller en forêt et puis quand j’ai pu avoir les moyens de m’acheter un appareil photo, je me suis dit que j’allais essayer d’immortaliser tout ça.

MLK – Tu as suivi un petit peu des chasses à courre ou pas ?

LL –Tout à fait. Mais je suis un repenti de la chasse. C'est-à-dire que naturellement les personnes avec qui j’allais en forêt étant gamin, suivaient les chasses à courre. Dans un sens ça m’a permis également de connaître énormément la forêt de Compiègne par exemple. Et après j’ai fais un stand by de 10 ans. Naturellement, je me suis marié, j’ai fais ma vie, j’ai eu des enfants donc il a fallu faire un choix. Donc c’était vite fait, naturellement mes enfants en priorité. J’avais une idée de cette discipline, et je l’ai retrouvée 10 ans après et ce n’est pas la discipline que j’ai laissée il y a 10 ans. Il y a des choses qui ne me plaisaient plus, qui étaient contraire à se que je pensais par rapport à un certain respect, par rapport à un système étique de la chasse. Et malheureusement avec les nouvelles technologies, cette discipline je l’ai abandonnée parce que ça ne me correspondait plus et j’en suis fier. Maintenant je préfère photographier des animaux non stressés, qui sont complètement libres avec un aspect tout à fait naturel, plutôt que de les photographier derrière une meute de chiens. Après c’est un autre débat, je respecte quoi qu’il en soit cette discipline mais ça ne fait plus parti de mes loisirs.

MLK – on en reparlera après, je reviendrai sur se qui se passe en forêt de Compiègne. Tu pars avec quoi comme matériel, tu fais de la planque comment on dit ?

LL – Alors il y a plusieurs techniques, on appelle ça de la bild bold, c’est le terme bien français qui consiste à faire de la balade photographique, c'est-à-dire qu’on se balade tranquillement et on essais d’immortaliser les animaux qui passent devant nous. Après il y a une deuxième technique qui est de repérer les animaux avant que l’on soit repéré. Donc il faut faire attention au sens du vent et on essais de faire se que l’on appelle « une approche » pour trouver une belle proximité de l’animal. Et c’est généralement ces moments là qui sont les plus magiques parce qu’on a des approches qui sont vraiment très intéressantes. Et après, il y a l’affut. ON pratique ça plus dans les périodes bien spécifiques, soit en période de brame du cerf, soit, comme en ce moment, les cerfs on tendance à sortir dans les champs de colza donc là, on repère les animaux, après on se poste à un endroit stratégique et espérant qu’ils soient au rendez-vous. J’ai pu avoir la chance de réaliser cette photo là, l’année dernière, d’un cerf, à 15 mètres de moi, dans les colzas. Par rapport aux différences de couleurs c’est un très très beau cliché. Donc ça, avec tenue de camouflage, le plus camouflé possible pour être le plus discret.

MLK – Et j’imagine que sur ton boitier tout doit être silencieux…

LL – Tout à fait, j’ai pris une référence de boitier chez un constructeur qui à cette12801636 1767293213482172 8893280569928204272 n réputation d’être relativement silencieux au niveau du déclanchement de la prise de vue. Parce que les animaux sont aux aguets et ont un sens de l’ouïe qui est monumental, l’ouïe et l’odorat sont les sens principaux des animaux. Donc il faut être le plus silencieux possible au niveau du déclanchement. Après c’est du matériel qui coûte cher, si on veut commencer à progresser dans cette discipline, contrairement à des photographes de studio, où là tout est une question de réglages manuels, par rapport à la luminosité, par rapport à l’ambiance, par rapport à la proximité, il faut être très très réactif par rapport à ça. Mais c’est une discipline qui est accessible, on peut chacun à son niveau, prendre des clichés d’animaux, mais si on veut commencer à… pas toucher l’excellence, c’est trop prétentieux de dire ça parce que je revendique le fait d’être amateur, mais il faut du matériel d’une bonne qualité tout de même.

MLK – Tu parlais de ton cliché avec le cerf dans le colza, ça doit être une belle récompense…

LL – On parlait tout à l’heure d’obstination, on parlait de patiente, en effet, à chaque saison j’essais de me fixer des objectifs.

MLK – Tu dois revenir souvent sans rien ?

LL – Ah oui, tout à fait, justement, il y a beaucoup de bredouilles comme on dit, mais ce n’est pas grave, c’est ça la magie de la photographie animalière, c’est qu’on n’est pas maitre des photos. C’est l’humain qui doit s’adapter à l’animal et pas l’inverse.

MLK – Mais dans ces cas là tu prends peut-être des photos d’arbres ou des choses comme ça ?

LL – Tout à fait, des photos d’ambiance on appelle ça. Comme les couleurs extraordinaires de l’automne, avec des couleurs, jaunes, feu, tout à fait, tout ce qui est dans la forêt, dans la nature, justement, tout est bon à prendre. Il faut juste ouvrir son regard, la nature est faite de petites choses et quand on prend le temps d’observer c’est magique.

MLK – Je vais prendre une petite minute pour sortir du sujet, et on va revenir sur se dont on parlait tout à l’heure. Tu disais donc que pour faire de la photographie animalière il faut vraiment aimer la nature, et il me semble que tu milite pour une juste cause et ça me paraît important d’en parler.

LL – Depuis un peu près une décennie, le gestionnaire de nos forêts, géré par l’état qui est l’office national des forêts, on une politique d’entreprise qui est devenue très capitaliste. C'est-à-dire que maintenant, il ne considère plus nos forêts comme un lieu d’accueil de la faune sauvage, que ce soit la flore ou la faune. C’est une entreprise, tout simplement. Ça veut dire que pour certains agents de l’ONF, on ne peut plus parler que terme « forêt » mais plutôt de « culture d’arbres ». Donc ça passe par des mises à blancs de certaines enceintes. Ils coupent complètement toutes les grandes essences, les grandes futaies, même jusqu’aux ronces. C’est très lunaire maintenant en forêt de Compiègne. Et en tous cas, dans nos régions picardes, ça concerne vraiment l’ensemble de nos massifs forestiers. Ils passent clairement, j’ai pas honte de le dire, par un génocide des cervidés. Par exemple cette année, après avoir participé au comptage avec l’association l’afloc, c’est la protection de la forêt de Compiègne, Laigue et Loursant. On s’est unis avec nos amis chasseurs pour pouvoir établir un comptage, on a un nombre d’animaux dans la massif forestier qui compte un peu près 400 animaux, grands cervidés, en forêt de Compiègne, et il attribuent cette année 350 bracelets (permis de tuer). Ça veut dire que si les allocataires des lots de chasse, réussissent leur objectif, il ne restera plus que 50 cervidés en forêt de Compiègne. Ça veut dire c’est un cervidé pour 200 hectares de forêt.

MLK – Et d’un point de vue écologique ça pose des problèmes j’imagine ?

LL –Quand ils coupent les grandes futaies comme je l’expliquais, pour pouvoir faire de la replantation, la régénération d’un nouvelle plante, ils doivent clôturer des enceintes pour que les animaux ne puissent pas y aller, c’est une noble cause, mais quand derrière ils n’entretiennent pas ces fameuses clôtures où il y a des ronces asiatiques qui poussent et qui étouffent les jeunes pousses… Ou qui laissent proliférer les hannetons qui bouffent les écorces d’arbres et qui font pourrir les futaies qui sont encore plantées… C’est normal, ils mettent tout sur le dos des cervidés…

MLK – L’intérêt du cerf c’est également de manger les ronces pour permettre aux jeunes pousses de respirer…

LL – Oui tout à fait, les cerfs on aussi leur instinct naturel qui leur dire que les jeunes pousses c’est meilleur, mais c’est un acharnement terrible contre les cervidés. Malheureusement une forêt sans cervidé et sans animaux, pour moi c’est une forêt morte. Avoir une meilleure gestion de cette forêt c’est dans l’intérêt de tout le monde. Aussi bien les chasseurs car il faut des prélèvements, il n’y a plus de prédateur naturel, il n’y a que l’homme qui peut intervenir par rapport à ça. Je ne donne pas 5 ans encore avant qu’il n’y ait plus de cervidé en forêt de Compiègne si la tendance reste comme ça.

MLK – C’est une affaire à suivre… Merci Ludo, des prochaines expos en vue ?

LL – Oui, normalement en fin d’année, on est en train d’organiser tout ça, bien avec toi, tout simplement !

MLK – Volà ! On en reparlera !!

LL – Oui tout à fait. On mélangera ces deux passions sous un même thème et on fera certainement une très très belle exposition j’en suis certain.

MLK – Je te remercie à très bientôt. 

»

Voilà, nous arrivons à la fin de Art Zen.

Si cette émission vous a plu, vous pourrez la réécouter en podcast sur le site internet de RVM : www.radio-valois-multien.fr où vous pourrez y mettre un petit commentaire. Puis sur mon blog www.marielaurekonig.fr où vous trouverez quelques informations sur Ludo nature et vie (sur facebook tapez tout détaché Ludo nature et vie), et des informations sur l’A.F.L.O.C. (Association des Amis des Forêts de Laigue, d’Ourscamps et Compiègne).

Si l’avenir de nos forêts vous intéresse vous pourrez trouver d’autres informations sur le site de l’association Picardie Nature  (www.picardie-nature.org/)

C’était Marie-Laure KÖNIG pour RVM sur 93.7

Facebook de Ludovic LEBON : (https://www.facebook.com/ludonatureetvie/)

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