ART ZEN - Emission radio RVM - La peinture figurative

Masque titre siezlak

La peinture figurative

Y a-t-il place pour la peinture figurative en art contemporain ?

Lorsque l’on voit les œuvres qui inondent aujourd’hui les salons d’art contemporain, nous sommes en droit aujourd’hui de nous poser la question…

 

L'art figuratif

Emission du 20 avril 2016 sur la radio RVM 93.7 

Bouton "Flash" (dans le cas où le lecteur ci-dessus ne rendrait pas audible l'émission)

En podcast sur le site de RVM : https://www.radio-valois-multien.fr/emissions/art-zen

Si cette émission vous a plu, laissez votre commentaire sur : https://www.radio-valois-multien.fr/articles/posts/art-zen#comments

Flechehaut Ecoute de l'émission

Lecture de l'émission Flechebas

 

Bonjour et bienvenue à l’écoute de cette émission : Art Zen

Fonte des neigesAujourd’hui nous allons tenter de répondre à cette question : y a-t-il place pour la peinture figurative en art contemporain?

Lorsque l’on voit les œuvres qui inondent aujourd’hui les salons d’art contemporain, nous sommes en droit aujourd’hui de nous poser la question…

Pour diverses raisons la peinture figurative tient, quoiqu'on dise, la place la plus inconfortable dans le monde de l’art. La plupart des peintres figuratifs préfèrent donc travailler dans leurs ateliers et espérer que la peinture se sauvera en peignant. 

Les portraits tirent leur épingle du jeu, la figuration non réaliste résiste aussi… mais ceux qui souffrent le plus sont les peintres de figuratifs réalistes, ceux qui peignent des paysages par exemple et qui n’en font pas commerce aux bords de mers en représentant des bateaux ou de jolis monts dans les stations de ski…

L'utilisation du mot «réaliste» est à prendre également avec des pincettes, car on confond aisément, dans l'emploi de ce mot, une technique de précision avec une intention, et c'est l'intention, pas la technique, qui détermine si l'art est réaliste au sens strict. Ainsi une peinture véritablement réaliste se préoccupera de rendre la réalité des choses le plus objectivement possible, sans laisser interférer l'émotion, le symbolisme ou les distorsions personnelles. 

Je veux donc relever l'un des préjugés les plus pernicieux, au sujet de la peinture figurative-réaliste, qui veut justement que ce soit une peinture sans pensée et sans intérêt pour la réflexion, à moins qu'elle ne mette de l'avant des éléments conceptuels bien évidents.

C’est de cela dont souffre la peinture figurative… Vous aurez remarqué, dans les trente dernières années, la place occupée par le discours savant et souvent hermétique pratiqué par les revues spécialisées et même par les critiques des grands journaux. Ce discours pour la promotion de l'art abstrait et une vision «progressiste» de l'art…

Ce discours sur l'art s'est imprégné avec enthousiasme des avancées et surtout du vocabulaire des sciences humaines, ce qui n'a certes pas contribué à son Harmonies coloreesaccessibilité et a permis au mot «concept» de devenir absurdement le mot le plus employé dans les départements d'arts plastiques de nos universités.

C'est qu'une part importante de la peinture abstraite revendiquait une recherche comme si elle échappait au sens usuel par son abstraction même, ce qui a eu pour effet de rejeter la peinture non abstraite dans les couloirs de l’oubli. Aujourd’hui tout doit avoir un sens, trouver une idée comme si peindre du figuratif était dénué de toute recherche philosophique, comme si le figuratif ne voulait pas transmettre de message.

Nous y sommes, aujourd’hui tout le monde y va de la transmission de son petit message et la représentation figurative perd de sa dignité.

Voyons ce que nous dit Pascal Cieslak, Artiste Peintre figuratif qui porte à notre regard de magnifiques paysages de campagne…

« 

12279222 1708700002692862 3877868264482115037 nMLK – Bonjour Pascal, vous peignez des paysages depuis combien de temps ?

PC – J’ai commencé par peindre des paysages, mais je n’ai pas toujours peins des paysages. Ça fait un peu près une trentaine d’années.

MLK – Et vous peignez quoi d’autres ?

PC – J’ai commencé par le paysage bien sûr mais j’ai eu des périodes où j’ai eu des influences cubistes, figuratif libre, social réalisme. Je lisais des publications sur l’art, et j’ai été chargé de différentes émotions et je peignais des toiles dans ces différents styles.

MLK – Vous puisiez votre inspiration dans ces styles là. Et c’était toujours quand même plus ou moins figuratif, vous parlez de cubisme, ça représentait toujours quelque choses, vous ne faisiez pas de l’abstrait ?

PC – Non, toujours avec une référence au réalisme.

MLK – Et comment se porte votre art aujourd’hui ? Est-ce que vous souffrez justement d’une certaine concurrence avec des œuvres qui sont un peu plus dans l’air du temps… Qu’est-ce que ça vous inspire tout ça ?

PC – Pour répondre déjà à « comment j’arrive à m’en sortir ? », c’est doucement, c’est tiède. Heureusement que je n’attends pas après pour en vivre car j’en serais déjà mort…

MLK – C’est vrai, vous pensez que le figuratif tombe un peu dans l’oubli ?

PC – Oui,  à une certaine époque mais je crois que ça revient. Le figuratif est revenu avec des artistes, j’ai en tête des tableaux d’artistes récents, jeunes, où le figuratif revient en force. Mais ce n’est plus le même figuratif, ils utilisent le réalisme mais leur message est différent. Ça ne sera pas des paysages ou choses comme ça, ce sera plus du figuratif libre.

MLK – On reproduit quelque chose, mais on y ajoute un peu sa patte, on ne se cantonne plus à essayer de faire trait pour trait ce que l’on voit.Donc, vous, vous avez vécu beaucoup de temps dans la Vallée de l’Automne, et aujourd’hui vous vivez en Normandie, près de Honfleur. Est-ce que vous allez maintenant nous peindre des paysages Normands ?

PC – Oui surement !

MLK – Et pensez-vous que le regard sur l’art est le même en Normandie, près de Honfleur que dans le bassin Parisien ou dans les grandes provinces ?

PC – Je pense qu’il y a une grande différence entre les grandes métropoles et puis la province. Parce que les gens dans les grandes métropoles sont constamment en contact avec l’art, pour eux, l’art est beaucoup plus accessible qu’en province. Elles vont avoir une sensibilité qu’ils vont développer. Mais est-ce que c’est une bonne sensibilité ? Est-ce que ce n’est pas une sensibilité qui est tronquée par un battage médiatique trop important. Ces personnes vont-elles avoir une liberté dans leur choix ? Alors que les personnes en province, sont beaucoup moins sollicitées, quand elles vont être au contact avec l’art, elles vont avoir une autre sensibilité, elles ne vont pas être conditionnées par le battage publicitaire. Elles auront un choix qui va être différent elles vont rechercher plus une authenticité sur l’art que les personnes qui vivent en ville et qui sont constamment, en permanence en contact avec l’art est-ce qu’elles vont voir dans l’art de l’émotion ou est-ce qu’elles vont voir la peinture comme un placement.La sainte marie a glaignes

MLK – Et puis aussi en province, je pense qu’il y a beaucoup d’artistes locaux qui montrent leur travail et qui ne sont pas influencés par ce qu’elles voient, par les effets de mode… Je pense en province, qu’effectivement, comme vous dites si bien, on a beaucoup plus de variété de choix.

PC – Un artiste qui n’est pas connu en ville, dans les grandes métropoles, n’aura aucune chance déjà d’exposer, de montrer son travail. Et puis les personnes qui ont la chance de pouvoir exposer, verront très peu de monde parce que les gens, il faut qu’ils connaissent pour se déplacer. Je pense que le pourcentage de personne en ville, ou en province qui voir des expositions, je pense que c’est le même. Je pense qu’il y a autant de personnes sensibles à l’art en province qu’à Paris. EN province il y a beaucoup moins d’expositions, beaucoup moins de galeries.

MLK – Et vous qui vivez sur Honfleur, Honfleur est une ville connue pour ses galeries, qu’est-ce que vous y voyez en ce moment dans les galeries d’Honfleur ?

PC – Exactement la même chose qu’à Paris ! Vous avez des artistes locaux mais qui sont très connus, mais vous avez aussi des grandes galeries qui sont internationales, qui exposent des artistes internationaux. C’est très touristique. Quand je suis arrivé à Honfleur, je me suis cru dans un quartier de Paris, à Montmartre vous voyez…

MLK – Pourtant à Montmartre on continue à peindre le Sacré-Cœur ?

PC – Oui mais c’est un art commercial, on peint toujours la même chose, on peint des monuments, on peins des poulbots. Tout ça c’est pour vendre au touriste lambda qui vient de je ne sais quel pays visiter notre belle capitale. Ils vont vouloir repartir avec un souvenir.

MLK – Est-ce que vous avez un portrait type des admirateurs de vos œuvres ?

PC – J’expose dans des petites galeries, j’ai eu la chance d’exposer dans des petites galeries, dans des petites expositions, des petits salons, j’étais en contact avec des personnes qui sont de la province, qui vont voir rarement des expos à Paris, ou dans les galeries de Paris. Ce sont des personnes qui vont rechercher une certaine authenticité dans la peinture. Et puis il y a aussi les moyens, une personne qui a beaucoup d’argent qui aime la peinture va obligatoirement se diriger vers des peintres qu’elle connaît. Donc le portrait type, c’est difficile à dire…

MLK – Merci Patrick et à très bientôt sur une exposition !

PC – J’en profite pour dire bonjour à toutes les personnes du Valois et du Multien !

MLK – On va leur dire bonjour de votre part. 

»

La vitesse qui empreint l’époque actuelle a ouvert la voie à la production d’œuvres éphémères et le savoir technique a du céder le pas aux modes de notre société de consommation.

Memoire des tempsFace à cette perspective, nous devons réaffirmer la dignité de la représentation figurative, qui, ne doit pas être mise à l’écart au nom d’autres formes d’expressions considérées plus dans l’air du temps.

Il est vrai qu’aujourd’hui, lorsque l’on souhaite décorer son intérieur, nos choix se portent sur les formes et les couleurs, peu importe la représentation graphique, du moment que le tableau sonne juste avec le meuble design que l’on vient d’acquérir…

Défendre l’art figuratif signifie faire comprendre l’importance du savoir faire et la valeur du temps.

Soyons pour un art lent, un art qui ne réponde pas uniquement à la loi du marché, un art qui ne privilégie pas la disponibilité immédiate, un art qui ne soit pas obligé de suivre un rythme dicté par une conception accélérée de la production artistique, qui ne s’épuise pas dans l’instant / qui ne dure pas qu’un instant ; un art qui prend tout le temps et l’espace nécessaires afin que la matière prenne forme sur le tableau. Un art qui ne sera pas jetable mais qui au contraire pourra être transmis car intemporel.

L’art figuratif a aussi ceci de primordial : il maintient le rapport le plus intime avec la connaissance et la discipline. Lorsque l’on apprend à un enfant à dessiner, on lui demande la représentation de la réalité, plus tard, s’il apprend à peindre, on lui demandera également d’affiner sa technique sur ce qu’il voit, sur le paysage ou le nu qu’il aura devant les yeux. Et il y mettra de l’émotion et souhaitera même, peut-être, lui aussi nous dire quelque chose, nous transmettre son petit message : regardez notre planète comme elle est belle ou la tristesse de cette femme…

Ce type de peinture souffre évidemment d’un grand éparpillement, dû à un manque de doctrine, ainsi qu’à un certain désintérêt manifesté par la critique d’art qualifiée, qui a sans doute peur de se fourvoyer et préfère se rabattre sur les artistes qui font le buzz dans les milieux branchés. 

Heureusement, quelques grandes figures ont su inscrire leur travail dans le contexte et les problématiques spécifiquement contemporaines. Nous avons en France Ernest Pignon-Ernest, qui a fait sortir l’œuvre des limites de l’atelier et de la galerie pour la confronter et l’adapter au paysage urbain et à sa mémoire, tout en gardant la puissance et la beauté du dessin.

Le figuratif se modernise pour offrir à nos yeux ébahis des œuvres de toute beauté, je citerai par exemple Andrew Salgado, on parlera ici de peinture semi-figuratives, qui retravaille ses portraits, plutôt masculin en ce qui le concerne, par des traits vifs et colorés. Rappelez-vous également les portraits de Lucile Callégari que nous connaissons déjà. Nous avons également Yann Quéméneur, peintre résolument optimiste. Il peint la mer, des paysages, ... avec une palette gaie et lumineuse.

Leda et le cygne

Leda et le Cygne de Pascal CIESLAK

Autres images :

  1.  "Fonte des neige" de Pascal CIESLAK
  2.  "Harmonies colorées" de Pascal CIESLAK
  3.  Pascal CIESLAK
  4.  "La Sainte Marie à Glaignes" de Pascal CIESLAK
  5.  "Mémoire des temps" de Pascal CIESLAK

Facebook de de Pascal CIESLAK : Cieslak Pascal -> https://www.facebook.com/Cieslak-Pascal-1570636943165836/?fref=ts

Marie laure konig artiste peintre 400 Facebook Google + Twitter Instagram Pinterest Horsealot Yummypets

radio RVM éducation enfants scrap

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau