ART ZEN - Emission radio RVM - L'art fait-il grandir vos enfants

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L'art fait-il bien grandir vos enfants ?

Aujourd’hui, je vais tâcher de répondre de façon courte et précise à cette question : l’art fait-il grandir nos enfants ?

Est-ce que la pratique d’un art œuvre dans la réussite scolaire de votre enfant, dans son intégration professionnelle ou dans son épanouissement personnel ?

Emission du 21 octobre 2015 sur la radio RVM 93.7 

L'art fait-il bien grandir nos enfants

En podcast sur le site de RVM : https://www.radio-valois-multien.fr/emissions/art-zen 

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L’art graphique dans tous ces états.

Je vais vous ouvrir une petite lucarne sur ce qui sera peut-être votre passion de demain. Et peut-être trouverez-vous votre chemin artistique ?

Je me prénomme Marie-Laure et je suis artiste peintre de profession

Et avant de vous ouvrir cette fenêtre sur l’art, je tenais à vous parler de vos enfants…

Souvent reléguée après les apprentissages fondamentaux, je parle de matières comme le français, les mathématiques etc, l’éducation artistique et culturelle ne va pas de soi et en tant qu’enseignante d’arts plastiques je dois toujours justifier l’utilité de l’éducation artistique.

C’est pourquoi aujourd’hui, je vais tâcher de répondre de façon courte et précise à cette question : l’art fait-il grandir nos enfants ?

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Est-ce que la pratique d’un art œuvre dans la réussite scolaire de votre enfant, dans son intégration professionnelle ou dans son épanouissement personnel ?

Et bien si l’art n’est pas utile, il développe tout de même la créativité, l’imagination, la confiance personnelle, la concentration, la faculté d’apprentissage, l’estime de soi, l’ouverture à l’autre, la prise de conscience de son environnement.

Et si après tout ça vous n’êtes pas convaincu de l’importance de l’art dans l’éducation des enfants, voici qui mettre les  points sur les i : l’art apprend aux enfants à penser par eux même, à prendre conscience de leur potentiel à l’accepter et à l’utiliser.

Bref, cet apprentissage tue le mouton qui est en lui. Ce n’est pas pour rien que l’on a vu des dictateurs détruire toute forme d’art…

Voici ce que nous dit Mme Moizard, Directrice de l’école primaire Sainte-Marie de Crépy-en-valois.

MLK – Bonjour Madame Moizard, vous êtes directrice de l’école Sainte Marie de Crépy-en-Valois, et c’est à ce titre que je vous appelle pour vous poser quelques questions concernant l’apprentissage des arts aux enfants de primaire.

Ma première question est la suivante : « Il est de notoriété que la pratique des activités manuelles est bénéfique pour le développement et l’éveil des jeunes enfants. Mais pensez-vous qu’après les années de maternelle ces activités soient moins utiles.

CM – Moins utiles, non au contraire, comme vous l’avez souligné, elles développent des compétences de créativité, de confiance en soit d’ouverture au monde et à l’âge de la maternelle c’est assez naturel et spontané pour un enfant de patouiller dans la peinture, de laisser sa trace sans inhibition mais dès que l’enfant grandit c’est moins évident et il est au contraire très important de développer ses activités artistiques à l’âge de l’enfance et de poursuivre aussi à l’adolescence.

MLK – Pensez-vous que l’on donne assez d’importance à l’éducation artistique dans l’enseignement des cycles 2 et 3 (Cours élémentaires et cours moyens).

CM – L’éducation artistique à prit ou reprit une place plus importante ces dernières années dans les programmes de l’école primaire et aussi au collège avec l’introduction de l’histoire des arts qui s’articule avec les autres matières. Le principe est d’étudier une œuvre en la situant dans son contexte historique, en faisant des liens avec d’autres articles en la mettant en réseau avec d’autres œuvres. On ne parle non plus maintenant d’arts plastiques, on n’est pas seulement dans la pratique, mais on parle aussi d’art du cirque, d’art visuel, d’art de l’espace, du spectacle, du langage qui sont explorées par des œuvres qui sont ancienne, contemporaines, savantes, populaire, enfin vraiment toutes sortes d’œuvres.

MLK – On parle aussi des nouvelles technologies ?

CM – Oui, tout interfère en fait, l’histoire, les technologies, les arts… J’ai déjà fait de l’éducation artistique aves des formes géométriques. On peut accéder aux arts dans toutes les disciplines scolaires et avec tous les moyens mis à notre disposition. C’est vraiment le côté artistique qui devient transdisciplinaire. Ce n’est pas une discipline à proprement parlée, mais du coup c’est peut-être moins facile à mettre en œuvre.

MLK – Pensez-vous que la culture artistique des enfants se perde ou au contraire progresse au sein de la famille ?

CM – Je pense que ça dépend beaucoup des familles. Elle à toutes les possibilités de grandir cette culture artistique, parce que maintenant l’art est vraiment accessible à tous sans moyen particulièrement importants. Tous les musées offrent aujourd’hui des visites thématiques  adaptées aux enfants et des ateliers créatifs qui sont vraiment des choses courantes dans les musées et accessibles. On peut aussi facilement rencontrer un artiste. Donc l’enfant peut facilement être en contact avec les œuvres et les artistes mais encore faut-il que la famille soit sensible et y sensibilise l’enfant. En fait, je pense que c’est beaucoup par les adultes qui vont les sensibiliser que ça peut passer. L’école a ce rôle là, la famille a ce rôle là. Mais peut-être que tout le monde n’a pas la même égalité d’accès à cette culture artistique à mon avis.

MLK – C’est vrai que l’on parle beaucoup des fondamentaux, le français, les mathématiques… au détriment de l’art plastique ou des arts. Mais peut-être aussi que les gens ont peur de l’avenir et mettent les arts de côté parce que ce n’est peut-être pas un métier d’avenir ou quelque chose qui puisse ensuite permettre aux enfants d’en vivre ? Et c’est vrai qu’il est compliqué d’en faire son métier mais ça aide aux apprentissages des fondamentaux. Donc il ne faut pas forcément les mettre de côté.

CM – Oui, et moi je pense aussi aux différents profils d’enfants, et il y a des enfants qui de toute façon n’ont pas le profil des apprentissages fondamentaux, qui n’y adhèrent pas facilement et qui ont un profil plus artistique, qui on plus une sensibilité développée et qui entreront dans une réussite par d’autres biais que  les apprentissages fondamentaux. Et ça, on l’oublie souvent. En fait, on n’est pas tous fait pareil et il y a des enfants qui à l’école sont privés d’une fibre qui ne demanderait qu’à être développée et qui les mèneraient à la réussite. Ça j’en suis persuadée.

Mais moi, ce qui me marque surtout ce sont des adultes de ma génération dont on a été moins formés je pense à la créativité, parce que maintenant il y en a quand même plus dans les programmes. Et des adultes de ma génération qui à quarante ans découvrent qu’ils ont une fibre artistique, qu’ils n’ont jamais développée et qui les frustres. Ils ne le savaient pas !

Donc l’art peut-être également un facteur de réussite scolaire, car cette dimension favorise la réflexion et l’imagination, sources d’équilibre et de plus grande confiance en soi.

On le sait, les enfants naissent avec un pouvoir d’imagination incroyable qu’ils perdent lentement au profit de la raison.

Mais pourtant, l’imagination est essentielle à l’organisation et à l’amélioration de nos vies parce qu’elle développe l’autonomie et qu’elle permet de poursuivre ses rêves.

L’apprentissage des fondamentaux peut également être facilité avec l’aide d’une approche artistique. Voyons ce que nous dit Nathalie DETOURNAY, enseignante spécialisée pour les enfants présentant des handicaps moteurs, à ce sujet :

MLK – Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

ND – Je suis enseignante spécialisée, je travail auprès d’enfants et de jeunes élèves handicapés porteurs de troubles moteurs, dans des dispositifs adaptés dans des écoles ordinaires, dans des collèges et des lycées.

MLK – Nous avons parlés tout à l’heure avec une directrice d’école primaire de l’utilisation de l’art dans les apprentissages des élèves de primaire. Et en ce qui concerne vos élèves, utilisez-vous souvent des activités artistiques pour l’enseignement ?

ND – L’approche de l’enseignement des fondamentaux face à des élèves en situation de handicap se fait différemment. Ces jeunes ont besoin qu’on les aide à faire du lien entre ce qu’ils voient, ce qu’ils lisent, ce qu’ils écoutent et ce qu’ils connaissent déjà. Les apprentissages fondamentaux doivent prendre du sens, doivent être liés à leur vécu et mon travail consiste vraiment à faire du lien entre tout ça. Par exemple, une étude musicale ou l’observation d’une œuvre picturale peuvent les guider dans la compréhension d’un texte littéraire.

Pour les jeunes élèves avec lesquels je travaille, les jeunes handicapés moteurs, la pratique artistique doit avoir une approche dédramatisée parce que le geste ne correspond pas forcément à la réalité. D’où l’intérêt après de les faire parler et la pratique artistique est un moyen d’expression comme un autre.

MLK – Et en quoi créer de ses propres mains aides à la compréhension des fondamentaux ?

ND – Les activités manuelles ont un intérêt particulier face à des jeunes porteur de troubles moteurs. Ils n’ont pas forcément la sensation ni la représentation que d’imaginer si on n’a pas le même trouble. Pourtant c’est une approche parmi d’autres puisque les enfants n’ont pas l’impression de travailler, c’est une façon différente de travailler pour eux, c’est pas forcément plus difficile, c’est juste différent.

MLK – Et du coup qu’en est-il pour les élèves sans handicap ?

ND – Pour les élèves handicapés, c’est un passage indispensable. Pour les élèves sans handicap, je pense, parce que j’ai été avant enseignante en milieu ordinaire auprès de jeunes enfants tout venant, la pratique artistique permet d’ancrer les connaissances plus en profondeur. A titre d’exemple on peut se souvenir de la pièce de théâtre que l’on a travaillé en CM2 quand on à joué l’œuvre dramatique sur scène.

MLK – Alors du coup il vous arrive aussi d’utiliser des œuvre existantes pour expliquer certaines notions ?

ND – Alors, les œuvres existantes, elles peuvent avoir plusieurs intérêts. Le premier intérêt va être l’utilisation du vécu des élèves par le biais de l’utilisation, de la découverte, de la représentation d’un patrimoine connu des élèves qui permet de faire du lien entre leurs connaissances personnelles et celles des autres. L’autre intérêt est lorsque moi j’apporte l’œuvre, c’est la découverte d’un patrimoine existant avec toujours ce lien avec ce que les élèves connaissent. Concernant des œuvres artistiques plus ou moins connus, on peut travailler, on peut avoir un travail dans la compréhension des techniques, qui à mon niveau d’enseignante reste relativement limité parce que je ne suis pas forcément experte en la matière mais peut-être un petit peu plus dans l’analyse des œuvres toujours en lien avec le monde dans lequel les élèves vivent.

L’enfant et surtout nos ados, sont de plus en plus soumis à une culture de médias qui utilisent un langage de plus en plus pauvre, fait de zapping et de sms.

Les ados sont devenus des consommateurs sans plus de jugement, sans développer de capacités gestuelles, sans utiliser différents matériaux, différents supports, ils n’interviennent plus, n’imaginent plus, ils n’analysent plus, iles dévorent les images et les informations sans prendre le temps de les distinguer.

Il faut donc éveiller son enfant à l’art, car selon une étude américaine, il existe une corrélation évidente entre éducation artistique et résultats scolaires.

Mais alors, comment faire ? Comment éveiller son enfant à l’art ?

Il faut avant tout éveiller sa curiosité, attirer son regard et ce, dès son plus jeune âge.

Bébé déjà, vous devez lui proposer des jouets esthétiques agréables à manier et agréables à regarder.

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Les livres jouent également un rôle essentiel dans la sensibilisation des enfants au beau. Choisir des illustrations soignées, des graphismes originaux est très important.

Mais attention, regarder ne suffit pas.

Les enfants ont besoin de s’approprier quelque chose pour le faire sien, pour vraiment l’intégrer.

Pour les éveiller à l’art, il leur faut donc faire leur propre expérience artistique.

C’est pourquoi il faut leur proposer un large éventail créatif.

Les enfants peuvent s’initier à la peinture, à la poterie, à la mosaïque, n’oublions pas non plus la musique. Lorsqu’ils sont plus grands à la calligraphie, au dessin, au dessin de mode etc…

Mais il ne faut pas oublier le désir, le plaisir et le besoin liés à la rencontre avec les œuvres d’art ne se développent qu’avec la fréquentation des musées, des expositions et des galeries d’art, et cela dès la petite enfance.

Donc, prenez votre enfant par la main et faites lui découvrir ce monde merveilleux de la pensée créative.

A bientôt et restez zen !

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