ART ZEN - Emission radio RVM - L'art brut

Artbrut

L'art brut

Qu’est-ce que « l’art brut » ?

Difficile de donner une seule réponse à cette question…

Je vais vous en expliquer les grandes lignes en quelques mots et Fabrice BURTON va vous inviter dans son univers artistique brut...

Qu'est-ce que l'art brut ?

Emission du 13 février 2016 sur la radio RVM 93.7 

En podcast sur le site de RVM : https://www.radio-valois-multien.fr/emissions/art-zen

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Aujourd’hui, nous allons parler de l’Art Brut…

Qu’est-ce que « l’art brut » ?

Difficile de donner une seule réponse à cette question…

Le terme d'Art Brut a été inventé en 1945 par le peintre français Jean Dubuffet. Il désignait à l’époque « l’art des fous ». Sa définition restant pour le moins évasive, puisqu’il disait que « l’art brut, c’est l’art brut et tout le monde a très bien compris »…

Au début du 20è siècle, certains psychiatres, comme le français Marcel Réja, commencent à s’intéresser aux créations réalisées par leurs patients.

1935103 1600929110168050 3381228146206340165 nConscients de la grande créativité de certains aliénés et de l’indiscutable qualité de leurs productions, certains médecins, notamment Walter Morgenthaler, directeur d’un asile d’aliénés en Suisse, s’emploient à sauver ces œuvres de la destruction en constituant des collections au sein même de l’établissement hospitalier. Ce directeur ne s’était pas trompé puisque le malade en question, Adolf Wölfli, est aujourd’hui considéré comme la plus grande figure de l’art brut.

L’art brut ne doit pas être considéré comme un art enfantin. Il fut d’ailleurs une grande source d’inspiration et d’enthousiasme pour Paul Klee, Marx Ernst et par son biais les surréalistes, et bien entendu Jean Dubuffet.

Alors, qu’est-ce que l’art brut ?

L’art brut, c’est la création à l’état brut ! Les créateurs d’art brut ne cherchent ni l’adhésion ni le rejet du public. En fait, ils s’en moquent ! Ils créent sans se soucier d’un destinataire. Ils sont autodidactes et créaient à partir de matériaux rudimentaires des œuvres d’une grande complexité fondée sur leur logique propre. On dit que les artistes d’art brut sont souvent atteints de névroses ou de troubles de la personnalité…

On a souvent tendance à comparer l’art brut à l’art populaire ou l’art naïf, ou des dessins d’enfant. Dubuffet le premier cherchait justement à le distinguer de ces formes d’arts.

Aujourd’hui, sommes-nous plus doux concernant l’art brut ? Il nous apparaît comme étant des productions réalisées par des non-professionnels de l’art, indemnes de culture artistiques. Dubuffet disaient que les créateurs d’art brut œuvraient en dehors des normes esthétiques convenues, c'est-à-dire, par un art spontané, sans prétention culturelles et sans démarche intellectuelle.

J’ai la chance de connaître un artiste qui se définissait, au début de notre rencontre comme un créateur d’art brut, aujourd’hui, il apparaît tout autre. Nous allons écouter son histoire…

« MLK – Bonjour Fabrice, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?

FB – Je m’appelle Fabrice Burton,12790970 1601565066771121 570025527880500904 n je suis artiste peintre, sculpteur et photographe à mes heures perdues. Je suis Belge et je vis en France dans le Nord-Pas-de-Calais.

MLK – Quand on s’est connu, tu te définissais comme un artiste d’art brut, pourquoi ce revirement, tu te définis un peu autrement ?

FB – C’est dû à une commande d’un psychiatre qui m’a expliqué que je ne faisais pas d’art brut, tout simplement. Parce qu’il dit qu’il a travaillé la dessus et il m’a montré plusieurs bouquins comme des bouquins de Dubuffet, le créateur de l’art brut. Et ce psychiatre se sert de l’art brut dans ses thérapies et dit que c’est vraiment propre aux malades mentaux et pas à des gens comme moi. Maintenant, ça a surement changé comme on en a déjà parlé. Je vais dire que je suis polyvalent dans l’art, où je fais un mélange d’abstrait, d’art brut, de contemporain. J’essaie de faire mon propre style.

MLK – Tu peux nous expliquer comment tu te lance dans une œuvre ?

FB – Je ne réfléchi jamais mon travail, c’est un peu comme une vision, je vois le tableau que je veux faire par rapport à l’idée au sentiment que je ressens. Surtout par rapport aux âmes des gens, ça, ça me touche beaucoup. Beaucoup de gens se cachent derrière une carapace, sans montrer leur vraie identité, de peur d’être abusé, trahi, ou des épreuves qu’ils ont vécues, ils se mettent des carapaces. Et moi, je ne réfléchi pas mon travail, je suis quelqu’un d’hyper sensible, je ressens fort les choses, et quand j’entends uns information, j’ai un flash, je vois le tableau et je le peins tout de suite.

MLK – Tu utilise quoi comme matériau en général ? Je sais que tu peins, tu sculpte…

FB – En général je peins sur toile et j’utilise des cartons, ça reflète le recyclage comme l’être humain, on est voué à la mort donc au recyclage. Le carton c’est pareil. J’insère du métal, tout ce qui est propre à la vie.

MLK – Tu parlais tout à l’heure de Jean Dubuffet qui cherchait des œuvres marginales, et qui est tombé sur des œuvres de malades, maintenant l’art brut n’est plus vraiment ça. L’art brut est devenu quelque chose de très contemporain. Et très franchement en regardant ton travail, il y a quand même un gros coté art brut dans ce que tu fais.

FB – Il y a une grosse part, j’aime bien faire les choses ou les assembler d’une manière brute. Comme les gens, les gens sont authentiques, pour moi c’est une matière brute, c’est une matière première. L’humain est une matière première.

MLK – Lorsque l’on voit sur ton site : créateur d’âmes…

FB – Le reflet de l’âme. Parce que dans mon travail, le texte est aussi important que le tableau. Quand j’ai l’idée dans ma tête, je fais mon tableau et ensuite je pose le texte. Et parfois, le visuel, par rapport au texte que je fais, change.

MLK – Quand tu nous montre une œuvre, tu nous créer toujours un petit texte de ton ressenti.

FB – Toujours. C’est pour pousser les gens à réfléchir autrement sur eux même. J’essaie de montrer aux gens qu’il est tout à fait possible d’avancer dans la vie. En montrant sans ces barrières, en s’ouvrant au monde, en regardant un peu tout se qui se passe, de montrer que le bonheur est plus présent que se que l’on peu voir. On devient aigri par rapport à se qui nous est arrivé, on se met notre carapace. Les gens ne nous reconnaissent plus parce que l’on a trop changés par rapport à nos épreuves de la vie. Et mes tableaux reflètent un peu le fait que l’on peu être soi-même et continuer à avancer sans cette carapace.

MLK – Il y a une très grande profondeur dans ton travail.

FB – J’essaie…

MLK – Je vois parfois des commentaires qui montrent que tout le monde ne comprend pas ton travail. Je pense qu’il faut vraiment avoir une sensibilité artistique pour le comprendre…

FB – ça c’est un problème pour moi. Je suis quelqu’un d’hyper sensible et ça a été un problème très longtemps. Si par exemple toi, tu me parle de tes problèmes de vie, je vais avoir autant de peine que toi. C’est difficile à vivre parce que je me passerais bien des souffrances des autres. J’en ai assez comme ça, et j’ai travaillé beaucoup la dessus et je me sers de cette sensibilité pour faire ressentir aux gens que la vie est belle. Malgré tout se qui se passe, la vie est belle…

MLK – Et tu transmets tout ça dans ton travail, dans tes œuvres.

FB – Dans mes tableaux et dans les textes qui vont avec. Pour moi, l’un ne va pas sans l’autre. »

L’art brut, monte en estime et s’institutionnalise. Les grands musées en sont friands ses artistes ont la cote. Ce regain soudain pour l’art brut fait qu’il se perd dans un flot de références et que l’on ne sait plus trop comment le distinguer. Trop facilement réapproprié, l’art brut est tiraillé.

Aujourd’hui, l’art brut est non plus celui du fou, mais plutôt celui de l’autodidacte, celui qui n’a pas appris. Il y a aussi une certaine notion de marginalité, l’artiste se situe hors du système de l’art, avec juste la volonté de créer sans chercher à appartenir à un mouvement ou à être reconnu comme tel. L’art brut ce n’est jamais une motivation.

D’un point de vue artistique, l’art brut est à la recherche d’une production forte d’un point de vue esthétique, la formation de langages nouveaux, d’inventions ou de techniques. Cette dimension, plus subjective fonctionne plus selon les goûts de chacun.

Aujourd’hui l’art brut est une forme d’art à part entière comme les autres formes artistiques et on le voit nettement dans l’intérêt que lui portent les grandes institutions (comme le musée d’art moderne de la Ville de Paris par exemple). On le voit aussi par les nombreuses publications sur l’art brut, mais aussi dans les galeries et sur le marché de l’art où les artistes d’art brut voient leur cote croître.

Ce n’est pas l’école qui nous apprend à être un artiste. C’est une sorte de génie. Et c’est réjouissant de voir que les gens s’intéressent autant à l’art brut maintenant.

Nous allons écouter maintenant un sketch des inconnus où ils mettent en scène un artiste quelque peu… douteux…

[...]

Vous l’aurez compris, lui n’est pas un vrai artiste. Malheureusement il en existe des personnes comme ça, qui croient que l’abstrait, l’art contemporain ou l’art brut est une source facile de revenus… Et c’est un peu ces gens là qui discréditent de vrais artistes comme Fabrice qui souhaitent valoriser leur art…

Voilà, nous arrivons à la fin de Art Zen.

A bientôt et restez zen !

Sur FB : Fabrice Burton Reflet D’Âme

Sur Art Majeur : http://www.artmajeur.com/fr/art-gallery/burton-reflet-d-ame/313159

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