ART ZEN - Emission radio RVM - Le métier d'illustrateur pour jeunesse

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Le métier d'illustrateur pour jeunesse

Découvrez le métier d'illustrateur grâce à Julie Grugeaux et d'autres petites astuces si vous souhaitez vous lancer dans cette voie...

Emission du 23 décembre 2015 sur la radio RVM 93.7 

Le métier d'illustrateur pour jeunesse...

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En podcast sur le site de RVM : https://www.radio-valois-multien.fr/emissions/art-zen

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Flechehaut Ecoute de l'émission

Lecture de l'émission Flechebas

Bonjour et bienvenue à l’écoute de cette émission : Art Zen

L’art graphique dans tous ces états.

Noël arrive à grands pas et je vous avais expliqué lors de ma première émission que la pratique d’un art œuvrait dans la réussite scolaire de votre enfant, dans son intégration professionnelle ou dans son épanouissement personnel.

Peut-être qu’alors le Père Noël a écouté cette émission et que sa hotte sera remplie de jeux d’activités créatives ou de jolis livres illustrés.

Les livres jouent un rôle essentiel dans la sensibilisation des enfants au beau. Choisir des illustrations soignées, des graphismes originaux est très important.

C’est pourquoi aujourd’hui j’ai décidé de vous parler des illustrations de nos livres pour enfants…

Car chaque illustration est une œuvre d’art…

12358515 10207037292284345 1401066346 n 1Pour vous aider à comprendre le métier d’illustrateur, j’ai interviewé Julie Grugeaux :

MLK : Bonjour Julie, vous êtes artiste peintre, illustratrice, peintre en décors, comment vous est venue l’idée de vous consacrer à l’édition pour la jeunesse ?

JG : A la base je suis artiste peintre et c’est arrivé un peu par hasard. J’exposais un jour avec un artiste peintre que je connaissais et qui travaillait avec une maison d’édition, il a présenté mon travail à cette maison d’édition là, mon travail leur a plu et ils m’ont proposé d’illustrer un roman jeunesse. Je me suis dis « pourquoi pas tenter ». L’illustration ne m’avait jamais effleuré l’esprit du tout. Et donc j’ai tenté et ça m’a plu. Après j’ai commencé à travailler avec des auteurs  en binôme et monter des projets à présenter à des éditeurs, et ça m’a permis d’étoffer mon book petit à petit et j’ai pu envoyer mon book aux éditeurs pour leur montrer mon travail et c’est comme cela que j’ai signé mon premier contrat fin 2012 pour une parution en 2013 pour un album jeunesse.

MLK : Vous dîtes que vous êtes artiste peintre et vous avez une technique de peinture assez particulière. Pouvez-vous nous en parler un peu ? Nous parler de votre univers artistique et de votre technique ?

JG : Je travaille en technique mixte, c'est-à-dire que je mélange plein de techniques. Donc je mélange collage, de papier, de tissus, principalement issus de la récupération, du papier d’emballage, papier cadeaux, des chutes de tissus que l’on me donne, des ma magazines prêts à aller à la poubelle, des papiers peints… Et je mélange tout ça à de la peinture acrylique. Parfois de la gouache mais uniquement pour les illustrations parce que la gouache, sur toile, ça n’est pas une bonne idée…

MLK : Parce que vos illustrations vous les faites sur de papier ou du carton ?Ciudad 1

JG : Oui sur du papier ou du carton à dessin car on pense moins à la conservation dans le temps. Et on pense plus à l’effet visuel qu’il va y avoir sur le livre que la conservation.

MLK : Je pensais que chaque illustration était un œuvre d’art ?!

JG : Oui, ça peut mais comme c’est sur papier, on en fait tellement pour un livre, en moyenne 15 à 20, donc on est plus tenté de vouloir les ranger dans un carton. Je commence déjà à ne plus savoir où les ranger…

MLK : Vous nous avez dit comment vous avez publié votre première illustration, mais maintenant qui vous contacte, ce sont les auteurs, les éditeurs, est-ce que c’est vous qui écrivez l’histoire ? Expliquez-nous un peu comment ça se passe ?

JG : Le plus souvent ce sont les éditeurs qui me contactent après que je leur ai envoyé mon book. J’envoie mon book régulièrement aux éditeurs tous les 3 mois un peu près. Là ça fait 6 mois parce que je suis carrément débordée. S’ils ont reçu un texte qui correspond à mon univers, ils me proposent le texte. Sinon, je travaille en binôme avec des auteurs, on monte un projet avec un texte complet et 3 ou 4 illustrations seulement. Ce petit projet là, on le propose aux éditeurs qui pourraient être intéressés suivant leur éditorial. Ça m’est arrivé de signer des contrat comme ça, j’ai certains livres qui sont parus suite à des propositions de projets. Il y a un seul livre que j’ai écris, pour lequel j’ai monté toute seule mon petit projet avec texte et illustrations, je l’ai proposé et j’ai signé chez un éditeur.

MLK : Quand on vous propose un texte, vous trouvez toujours l’inspiration ou c’est compliqué parfois ?

JG : En général j’ai des images qui viennent dès la première lecture souvent je les notes vite avant qu’elles s’en aillent. Ce n’est pas forcément celles que je vais retenir, souvent le flash que j’ai sera celui-là, après j’adapte ou je peaufine. C’est arrivé qu’il y ait des textes sur lesquels j’ai bloqué complètement, ça ne venait pas. Alors dans ce cas là, au lieu de passer 3 jours à essayer des sortir 3 ou 4 croquis, je laisse ça dans un coin, je fais autre chose, et en général ça se débloque. Ça fini toujours par se débloquer, heureusement. Au début, je m’affolais, mais maintenant, je le laisse dans un coin et ça vient. Il faut trouver le fil conducteur, donc ça peu être le personnage, un décor, une ambiance. Dès que j’ai trouvé un petit truc à quoi m’accrocher, ça se déroule.

MLK : Vous venez de sortir un livre qui s’appelle « Femme renarde ». Pour cet ouvrage, par exemple, comment ça c’est passé ? Est-ce que les éditeurs ou les auteurs approuvent les illustrations ?

JG : Ce livre là est particulier parce que c’est un livre d’art, qui est destiné aux adultes, et ma maison d’édition se base sur le travail des peintres. Et après, ils greffent par-dessus des textes ou pas. Je crois qu’il y a certains livres sans texte. Ce qui fait que c’est vraiment tourné autour des images. C’est mon deuxième livre dans cette maison d’édition et à chaque fois les éditeurs ont vu les images quelque part qu’ils veulent mettre sur un ouvrage. Dans ce cas mes attrape-rêves lui on tapé dans l’œil et il s’est dit « tiens pourquoi pas un projet de livre la dessus ».

12304071 880713245330308 1489395016625977926 o 1MLK : Combien de temps c’est passé ?

JG : Entre le moment où on en a parlé et la parution qui est maintenant en décembre… On en a parlé je crois en avril, en mai on a trouvé l’auteur, en juillet/août j’ai complété car en fait, on partait de mes peintures existantes. Ce n’ai pas vraiment comme un travail de commande. J’ai complété suivant l’histoire que l’on a reçue, on a fait une sorte de « ping-pong » avec l’auteur.

MLK : A priori vous trouvez quand même sans grandes angoisses de quoi occuper votre siège d’illustratrice, quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite se lancer dans ce métier ?

JG : Justement, ne pas penser que c’est sans angoisse pour ceux qui y arrivent un peu près.

MLK : Oui, vous avez votre petit réseau d’éditeurs déjà…

JG : Disons que ça commence à se faire. Mais l’édition ça paye très mal, donc mon premier conseil serait vraiment de se diversifier, ne pas miser tout sur l’édition. Sinon on déchante très vite et on se décourage très très vite. Moi, je n’abandonnerais jamais la peinture, si je dois laisser quelque chose un jour, se sera surement l’illustration plus que la peinture. Je ne peux pas me passer de la peinture car c’est elle qui « sauve les meubles » financièrement parlant. Voilà, c’est vraiment mon gros conseil : faire de l’illustration mais faire autre chose. Ça peut-être animer des ateliers, faire de la peinture, ou un petit travail alimentaire à côté. Vraiment, ne pas tout miser sur l’illustration car rares sont ceux pour qui ça marche vraiment vraiment vraiment… au point d’en vivre complètement.

MLK : Le métier d’artiste, c’est pareil, ça requière aussi beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, et pour pouvoir en vivre correctement comme moi vous exposer, donner des cours, des ateliers de création, proposer des objets dérivés… Est-ce que vous trouvez encore du temps pour peindre pour votre plaisir ?

JG : Quand je peins un album, c’est de la commande. Si le texte me plait vraiment et que j’ai carte blanche, une vraie carte blanche, pas une carte blanche qui nous dise « ah non, finalement, j’aurais préféré ça », une vraie carte blanche fini par être « peindre pour mon plaisir ». Par contre, quand une galerie me passe commande, elle me dit qu’elle souhaite une peinture de cette série là, j’ai forcément plus de limites. Si cette série là, je suis encore dedans et que ça me plait, ça reste de la peinture plaisir.

MLK : Il faut beaucoup de temps, beaucoup d’énergie…

JG : Les gens ne s’imaginent pas que de 8h à 18h je ne fais que ça, je prends une demi-heure pour manger. En plus on ne fait pas que peindre, on a toute notre compta plus la paperasse, les books à envoyer, tous les colis à faire plus les peintures à envoyer, les démarches… Et tout ça je le fais toute seule, je n’ai pas d’agent pour m’aider.

Cela vous a donné envie de publier votre premier livre ?

Voici alors quelques conseils :

Si vous choisissez de vous faire éditer, Julie vient de vous expliquer quelques démarches à suivre. J’ajouterai cependant ceci : pour anticiper des retours défavorables, adresser le bon manuscrit à la bonne maison d’édition ce qui vous permettra d’économiser de nombreux frais en papier, enveloppes et timbres. Dans cette optique par exemple, le Guide du Salon du Livre répertorie la plupart des éditeurs, tout comme les sites culturels qui proposent également des annuaires relativement complets.

Ensuite, inutile pour un premier livre de solliciter les fleurons de l’édition qui croulent sous les envois de manuscrits et ne peuvent raisonnablement pas tous les étudier attentivement. Il est préférable de s’adresser à une plus petite structure pourrait vous laisser plus de chance, et l’occasion de bénéficier d’un examen sérieux de votre proposition.

Si vous souhaitez garder tous les droits de votre livre et que vous pensez être capable d’assurer le travail d’auteur, de publicateur, de distributeur et de promoteur, choisissez l’autoédition.

Là encore, je vous donne quelques indications :

D’abord,  prenez la température auprès des lecteurs en mettant en ligne gratuitement un extrait ou la totalité de votre ouvrage. Il existe des sites comme www.monbestseller.com où vous pouvez mettre votre livre en ligne et de recevoir des notations et commentaires par la communauté des lecteurs du site. Vous y serez peut-être repéré…

Ensuite, si vous le pouvez, échangez avec les autres lecteurs et les autres auteurs. 

Puis, très important : Faites corriger votre livre.

Ce qui est bien de faire également est de parler de vous et de votre livre sur internet. Créez vous un Blog, une page Facebook, un compte Twitter et un profil Google+…

Pour faire imprimer un livre il existe sur Internet, des pates formes spécialisées telles que autres-talents.fr qui vous suivent dans l’impression de votre ouvrage mais également se charge pour vous des obligations administratives telles que l’ISBN et le EAN 13 (un code à barres aux normes EAN 13 qui permet de le commercialiser aisément.).

Tout livre publié doit posséder un code ISBN. Le code ISBN (International Standard Book Number) est un numéro international à 13 chiffres qui permet d’identifier tout livre publié. Il facilite la gestion, le traitement des commandes et les inventaires des éditeurs, des libraires des bibliothèques et de tous les acteurs du livre. Il est obligatoire pour tout livre publié hors du cercle restreint de la famille et des amis.

Mais faire imprimer un livre a un coût que vous ne pouvez peut-être pas vous permettre. Là encore, j’ai deux astuces :

La première, vous pouvez passer par des sites comme librinova.com pour publier votre livre en ligne et le commercialiser sous forme de e-livre, c'est-à-dire en format électronique. Vous restez propriétaires de vos droits d’exploitation et de vos fichiers, vous pouvez retirer votre elivre de la vente à tout moment.

Mais surtout, lorsque les ventes de votre livre atteignent 1000 exemplaires, vous intégrez le programme « En route vers le papier ». Librinova devient votre agent et, à ce titre, identifie et contacte les éditeurs dont la ligne éditoriale correspond à votre livre puis négocie pour vous un contrat d’édition aux meilleures conditions. Vous êtes libre d’accepter ou refuser toute proposition de contrat qui vous est faite. Librinova ne se rémunère qu’en cas de succès des négociations et de signature d'un contrat d'édition (20% des montants négociés).

La seconde solution pour faire imprimer votre livre à moindre frais est de proposer votre projet à des sites de financement participatif tels que Ulule.com. Votre projet sera alors financé avec le soutien d’autres d'internautes. A vous de définir la somme dont vous avez besoin et surtout de bien préparer votre communication afin d’impliquer un maximum de monde.

Voilà, nous arrivons à la fin de Art Zen.

Je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année, à bientôt et restez zen !

Julie Grugeaux :

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